La répétition (1843) – Søren Kierkegaard : L’observateur

Signé sous le pseudonyme de Constantin Constantius.

*

« On dira ce que l’on voudra : un jeune homme profondément épris est tellement beau qu’à sa vue la joie procurée ainsi vous fait oublier tout travail d’observation. En général, toutes les tendres et profondes émotions d’un être désarment l’observateur. Sont-elles absentes, ou bien sont-elles coquettement dissimulées? Il faut faire oeuvre d’observation. Si vous voyez quelqu’un prier du plus profond de son âme, seriez-vous inhumain au point de devenir ce simple et froid observateur? Ne voudriez-vous pas plutôt vous sentir pénétré par cette piété débordante?  »

« Depuis bien longtemps je n’avais éprouvé autant de bonheur que le simple fait de le voir; souvent, il est fort triste de n’être qu’un simple observateur. Cela vous rend mélancolique, comme un officier de police ; et lorsqu’un observateur remplit correctement sa mission, il ressemble à un espion de la police en mission de la plus haute importance, car le talent de l’observateur est de mettre en lumière ce qui est caché. »

*

Traduction de Jacques Privat.

 

António Ramos Rosa : Le cycle du cheval -Extraits

« Le cheval peut-il se désunir? Jamais.
La réponse vient de sa force.
Il court par-dessus les cataclysmes.
Il est le feu, la perfection de la gemme.

Impossible de briser sa ligne d’air
qui a la terre entière sous ses sabots.
Son poids est celui du champ alentour.
Et le tacite appel du péril devant lui.

Il vit, cependant, plus haut que le temps.
Lui-même est un drapeau sans drapeau,
le cheval qui jamais ne l’est pour lui-même. »

*

« Approche-toi du silence, de la pierre du silence,
et la montagne s’ouvrira. Tu es proche de cette maison
où le silence n’est aucun arbre,
un silence mouvant comme une lampe d’eau.

Le silence pénètre jusqu’au cœur d’un
fleuve, des chevelures d’eau, et à nouveau du silence
d’une bouche exaspérée par l’espérance des voyelles,

par la folie des astres, des mots, des mains
et le cheval s’engage sur un pont de fer
annonçant le plein hiver, la couleur solitaire et glacée. »

*

« Entre le désir et les fleurs les longues jeunes filles
mesurent l’opacité d’une pureté impure,
elles jouent le jeu intense de la majesté et de l’usure,
jeunes filles soulevées par des lignes fluctuantes.

Vivre les jeuns filles dans la pudeur du noir,
les vivre noblement, les prendre
aux aisselles le plus rapidement jusqu’au centre,
le feu tourbillonnant dans leur ventre, pour les mériter.

Ô filles vivantes de la couleur du souffle même,
attachez-moi au mur, ou bien je tomberai parmi vous
dans le parfum délié de vos corps limpides. »

*

« Ici, ce serait une robe plus claire
pour un cheval alezan ou gris tendre.
Et linéaire et ténue,
la vocation heureuse d’une petite tache.

Les jambes du cheval abolissent l’inertie
d’un commencement sans fin.
La violence que j’invente est une volonté
d’offrir à la terre son cheval le plus fort.

Et moi avec lui je sombre ou me redresse.
Ici, ce serait… destin et force pure,
le poids sur mon corps de l’animal aimé. »

*

Traduction de Michel Chandeigne

Riens Philosophiques – SØREN KIERKEGAARD – La foi!

Difficile à lire
sans s’écrier EURÊKA!

Par un autre, je comprends mieux mes mots
ceux que je lui ai écrits d’un coup, sans réfléchir,
Amoureuse et portée par le miracle de la foi,
amoureuse, le rendant muse, l’espérant libre
de des créations.

Bon Dieu que cet amour n’avait rien à voir
avec tout ce que j’ai vécu avant. Les preuves
ne me font plus douter, mais plutôt
m’apaisent. Lucide, je l’ai tellement aimé,

dans toute son humanité
et sa divinité. Des mots qui l’ont dérangé,

et pourtant ils étaient ma Vérité,
détruisant toutes mes non-vérités.

Je n’ai pas été amoureuse d’un Socrate,
mais bien d’un homme hors sa doctrine.

Un homme qui n’a pas eu foi en la vérité
qu’il m’avait lui-même transmise, une vérité
impossible à assimiler pour moi, loin de sa Beauté.

Je sais ma vie, je sais comme j’ai peu aimé longuement,
j’ai aimé et laissé venir à moi tous ceux qui en avaient besoin

j’ai peu souvent accepté d’avoir moi-même cette envie
avec lui, guidée par la foi, je me suis approchée

sa main était douce à regarder
son sourire était bon, son âme me faisait du bien.

*

« Un point de départ historique pour sa conscience éternelle, le contemporain l’a aussi, car n’est-il pas justement contemporain de l’historique qui ne veut pas être l’instant de l’occasion, et cet historique l’intéressera autrement que d’une façon purement historique, il conditionnera sa félicité éternelle, et même (renversons les conséquences), s’il n’en est pas ainsi alors, ce maître n’est pas le dieu mais seulement un Socrat qui, s’il ne se comporte pas comme Socrate, n’est même pas un Socrate.

Mais comment le disciple arrive-t-il à entrer en contact avec ce paradoxe, car nous ne disons pas qu’il le comprenne, mais seulement qu’il  comprenne qu’il est en sa présence? Comment cela arrive, nous l’avons déjà montré, cela arrive quand le choc de l’intelligence et le paradoxe est une heureuse rencontre dans l’instant, quand l’intelligence se résorbe et le paradoxe s’abandonne ; et le tiers en qui ceci s’opère (car ce n’est pas produit par l’intelligence, qui est congédiée, ni par le paradoxe, qui s’abandonne – ceci s’opère donc en quelque tiers) est cette passion heureuse à laquelle nous allons maintenant donner un nom, bien que ce ne soit pas précisément son nom qui nous importe. Nous l’appellerons foi. Cette passion doit donc être la condition dont nous parlions que le paradoxe donne en même temps. N’oublions pas que si le paradoxe ne donne pas la condition en même temps, alors le disciple en est possesseur ; mais s’il est en possession de la condition, alors il est lui-même eo ipso la vérité et l’instant n’est que l’occasion.

(…)

Admettons maintenant qu’il en soit bien comme nous l’avons supposé (sans quoi nous revenons, n’est-ce pas, au socratique), que ce maître donne lui-même au disciple la condition, alors l’objet de la foi ne sera pas la doctrine mais le maître; car c’est en ceci justement que consiste le socratique : que le disciple, étant lui-même la vérité et ayant la condition, peut rejeter de lui le maître ; là résidait justement l’art et l’héroïsme socratiques d’aider l’homme à pouvoir le faire.

(…)

Mais, pour le disciple, la forme extérieure du dieu (pas les détails) n’est pas indifférente. Elle est ce que le disciple de ses yeux a vu et touché de ses mains ; mais la forme nest pas importante en ce sens qu’il cesserait d’être croyant s’il lui arrivait un jour de voir le maître dans la rue sans le reconnaître aussitôt, ou même de faire un bout de chemin à son côté sans s’apercevoir que c’est lui. Mais au disciple le dieu a donné la condition afin qu’il voie et lui a ouvert les yeux de la foi. Mais de voir cette apparence extérieure était une chose terrible: le fréquenter comme l’un de nous et à chaque éclipse de la foi ne voir que la forme du serviteur. Quand, alors, le maître, mort, est séparé du disciple, alors celui-ci peut bien, par le souvenir, reproduire sa forme, mais il n’en croit pas pour cela, mais c’est parce qu’il a reçu du maître la condition qu’il revoit le dieu dans l’image exacte de la mémoire. Tel est le disciple qui sait que, sans la condition, il n’aurait rien vu, puisque la première chose qu’il a comprise était qu’il était lui-même la non-vérité.  »

Traduction de Paul Petit.

 

Trinh Xuan Thuan – Le lotus et le cosmos (2011): Comparaison entre le scientifique et l’artiste

Ceci explique pourquoi j’ai souvent admiré l’esprit du mathématicien.
Pourquoi j’ai admis avoir voulu être capable de philosopher, de raisonner,
sans l’empreinte de ma pensée dite artistique, visuelle.

J’aimerais compléter ce que je comprends des propos
de ce charmant astrophysicien.

Selon moi, lorsque l’Artiste découvre le monde des Idées
il entre en contact avec une Vérité toute aussi réelle que le ferait
le Mathématicien en pleine découverte.

L’esprit de l’Artiste traduit dans un langage visuel
cette vérité. Le scientifique a à sa portée une langue connue
de ses semblables sur Terre, la convention des chiffres
et les mathématiques.

Je crois tout de même que l’Artiste, par ce qu’il qualifie de Beau
démontre une compréhension personnelle des mathématiques.

Le Beau est un code qui dépasse, je le pense humblement,
la fertile imagination personnelle d’un Homme.

Ce que nous appelons une Oeuvre lorsque nous créons artistiquement
est une réponse à ce qui a été perçu dans le monde des Idées

une réponse qui n’explique pas l’Ordre, mais l’illustre.

L’Artiste connaît lui aussi les mathématiques
mais personnalise, récrée son langage.

*

« Je suis persuadé que, malgré son apparence magique, ce bref contact avec le monde des Idées n’arrive pas par hasard et qu’il ne survient que dans des esprits bien préparés. Mais cette préparation ne s’accomplit pas de manière consciente ; elle est plutôt le fruit d’un long travail de gestation de l’inconscient.

Le processus de la création scientifique est étonnamment proche de celui de la création artistique. Le scientifique, quand il découvre un aspect caché de la nature, et l’artiste, quand il crée une oeuvre d’art, ressentent tous deux le même sentiment exaltant de s’être approchés un très bref instant de la Vérité éternelle et d’avoir soulevé un modeste pan du Grand Mystère. Mais il existe une différence de taille entre création scientifique et création artistique. Les lois de la nature et les mathématiques possèdent un caractère universel. Dans leur forme aboutie, elles ne portent pratiquement pas l’empreinte de leur auteur, alors qu’une oeuvre d’art est fortement marquée par le style et les particularités de l’artiste.  »

 

Charles Baudelaire : Poèmes (sur le vampire)

« Le Vampire

Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon coeur plaintif es entrée;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine;
– Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l’ivrogne,
Comme aux vermines la charogne,
– Maudite, maudite sois-tu!

J’ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j’ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas ! Le poison et le glaive
M’ont pris en dédain et m’ont dit :
« Tu n’es pas digne qu’on t’enlève
A ton esclavage maudit,

Imbécile ! – de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire! »

*

« Les métamorphoses du vampire 

La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu’un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
– « Moi, j’ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d’un lit d’antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rires les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d’émoi
Les anges impuissants se damneraient pour moi! »

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d’amour, je ne vis plus
Qu’une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
À mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d’eux-mêmes rendaient le cri d’une girouette
Ou d’une enseigne, au bout d’une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d’hiver. »

Change – Lana del Rey

Lana, pour plonger en ces larmes oubliées.

*

« There’s somethin’ in the wind, I can feel it blowin’ in
It’s comin’ in softly on the wings of a bomb
There’s somethin’ in the wind, I can feel it blowin’ in
It’s comin’ in hotly and it’s comin’ in strong

Lately, I’ve been thinkin’ it’s just someone else’s job to care
Who am I to sympathize when no one gave a damn?
I’ve been thinkin’ it’s just someone else’s job to care
Who am I to wanna try? But

Change is a powerful thing, people are powerful bein’s
Tryin’ to find the power in me to be faithful
Change is a powerful thing, I feel it comin’ in me
Maybe by the time Summer’s done
I’ll be able to be honest, capable
Of holdin’ you in my arms without lettin’ you fall
When I don’t feel beautiful or stable
Maybe it’s enough to just be where we are because

Every time that we run, we don’t know what it’s from
Now we finally slow down, we feel close to it
There’s a change gonna come, I don’t know where or when
But whenever it does, we’ll be here for it

There’s somethin’ in the wind, I can feel it blowin’ in
It’s comin’ in softly on the wings of a song
There’s somethin’ in the water, I can taste it turnin’ sour
It’s bitter, I’m coughin’, but now it’s in my blood

(…)

Every time that we run, we don’t know what it’s from
Now we finally slow down, we feel close to it
There’s a change gonna come, I don’t know where or when
But whenever it does, we’ll be here for it

Yeah, whenever it does, we’ll be here for it »

Riens philosophiques – Søren Kierkegaard : le Maître et le disciple (le roi et la jeune fille), l’Amour

Aimer divinement, donc?

*

« Mais le dieu n’a pas besoin de disciple pour voir clair en soi, et nulle occasion ne peut donc l’inciter au point qu’en efficace l’occasion égale la décision. Qui peut alors le pousser à apparaître? »

« Mais s’il se meut de lui-même, ce n’est pas un besoin qui le pousse, comme de ne pas pouvoir lui-même supporter le silence mais devoir éclater en paroles. Mais s’il se meut de lui-même, et non par besoin, quel moteur alors le pousse sinon l’amour, qui justement n’a pas à satisfaire un besoin extérieur mais intérieur. La décision divine, sans nul rapport d’égale réciprocité avec l’occasion, doit exister de toute éternité, quoique, en se réalisant dans le temps, elle devienne précisément l’instant (…). »

« (…) Car même le contentement de la fille de n’être rien ne pourrait satisfaire le roi, justement parce qu’il l’aimait et qu’il lui était encore plus dur d’être son bienfaiteur que de la perdre. Et si alors elle n’eût pas même pu le comprendre; car dès qu’on parle improprement de l’humain, plus rien n’empêche, n’est-ce pas? d’admettre une diversité de l’esprit rendant la compréhension impossible – quel chagrin dormant n’y a-t-il pas au fond de cet amour malheureux et quel appel oserait l’éveiller? Mais l’homme n’a pas à connaître cette souffrance, car lui, nous le renverrons à Socrate, ou à ce qui, dans un sens encore plus beau, a le pouvoir de faire d’inégaux des égaux. Or si l’instant doit avoir une importance décisive (…), le disciple est dans la non-vérité, il y est même par sa propre faute – tout en étant pourtant l’objet d’amour du dieu qui veut devenir son maître, et dont le souci est de rétablir l’égalité. Faute d’y réussir, l’amour sera malheureux et l’enseignement vide de sens, parce que maître et disciple n’auront pu se comprendre. La belle affaire pour le dieu! pensera-t-on sans doute, puisqu’il n’a pas besoin du disciple; mais on oublie, ou plutôt on prouve ainsi hélas! à quelle distance on est de le comprendre; car ce qu’on oublie, c’est qu’il aime le disciple. Et de même que ce chagrin royal ne se rencontre que dans une âme de roi et que, dans la foule des langues humaines, pas une ne le mentionne seulement, de même tout le langage des hommes est trop égoïste pour soupçonner un pareil chagrin. Aussi bien le dieu s’en est-il réservé tout l’insondable: savoir qu’il peut rejeter de lui le disciple, se passer de lui, que ce disciple par sa propre faute est voué à la perdition, que lui, le dieu, n’a qu’à l’y laisser s’engloutir – savoir l’impossibilité ou presque de soutenir le ressort du disciple, sans quoi la compréhension et l’égalité disparaissent, sans quoi l’amour n’est qu’un malheur. (…) Voilà donc la tâche à entreprendre, et nous y invitons le poète, s’il ne l’a pas déjà été ailleurs, et s’il n’est pas tel qu’il faille, avec les joueurs de flûte et autres baladins, le chasser de la maison du chagrin, afin d’y faire entrer la joie. Cette tâche du poète, c’est de trouver une solution, un point d’unité ou la compréhension de l’amour domine en vérité, ou l’inquiétude du dieu se soit remise de sa douleur; car c’est cela l’insondabilité de l’amour, d’un amour qui ne se contente point de ce que son objet peut-être en sa folie proclamerait comme sa félicité. »

« (…) et la faisant s’oublier elle-même dans une adoratrice admiration. Hélas! ceci peut-être eût contenté la fille, mais non le roi qui, lui, ne cherchait pas sa propre glorification mais celle de la fille ; de là son chagrin si lourd de n’être compris par elle ; mais plus lourd encore pourtant, s’il avait fallu la tromper. Et déjà de donner à son amour une expression imparfaite, ce serait au yeux du roi une tromperie, quoi que personne ne le comprît, et que le blâme des gens tentât de blesser son âme. »

« (…) et c’était bien là l’inquiétude du dieu ; car la tige du lys est tendre et vite brisée. Mais si l’instant doit avoir une importance décisive, à quel point ineffable alors montera son inquiétude! Il y eut jadis un peuple fort entendu aux choses divines, or ce peuple croyait qu’on mourait de voir le dieu. Qui comprend cette contradiction de la douleur : ne point se révéler, et faire mourir l’amour; se révéler et faire mourir l’aimée? Oh! Que de fois le coeur des hommes ne soupire-t-il après la puissance et la force! et leur pensée y revenant toujours, comme si de les obtenir résolvait tout, ils ne soupçonnent pas qu’il n’y a pas que de la joie dans le ciel mais aussi de la douleur car quel poids de devoir refuser au disciple ce qu’il désire de toute son âme, et de devoir le lui refuser précisément parce que c’est lui qu’on aime!  »

*

Traduction de Knud Ferlov et Jean-Jacques Gateau.