Pensées variées – pour les Royaux


Journal / mardi, janvier 15th, 2019

Иван Грозный, Je suis la paix en guerre,
lettres d’Ivan IV.

Traduit du slavon par Dimitri Bortnikov.

ouverture (11)ouverture (13)

« je connais le coeur de celui qui est nu devant la foule. »

ouverture (12)ouverture (1)

blotti contre Dieu.

*

vivre
simplement

vivre

respire

*

Et je sais par ma langue
et le Monde qui ne pèse plus sur moi

ce qui se boit par les Sens

dans le sacré du quotidien

je veux vivre
Nue du vide et du plein

entre aucun état
sans pôles ni lois.

*

Si nous sommes, Alchimistes,
compositions chimiques

saurai-je transformer
cette nature

qui tend à descendre
sans toujours remonter ?

*

ouverture (10)ouverture (7)ouverture (8)

*

je ne peux pas tuer mon silence

je dois vivre, peut-être
au-delà de lui, alors qu’il s’installe en moi

entre les failles, j’ai retrouvé sans tomber
le Roi

je n’ai jamais pu penser
que ces vies avaient un sens

je sais, je suis là, ici

je danse entre les craquements

mes mains voudraient fabriquer
des couleurs, tout inventer
puis réinventer

marcher, sans poids
la Terre, douceur pour sa peau

je touche le possible

j’ai un corps, je le respire
parfois il ne souffre pas

je touche le possible

d’un monde hors le monde
depuis la naissance
je ressens une Parole silencieuse

je voudrais y vivre puis y mourir

en mon ventre,
tout peut dormir
en paix

je sais ce que je sais.

*

ouverture (3)ouverture (4)

*

laurier (1)

*

le monde,
les lueurs    – apparitions

entrer partout

des échos de ce qui a été
Éternellement donné

dans l’Oeil immobile
mes petites et grandes missions

le reflet en soi

je sais ma Maison
ma force, ma retenue

cette stabilité, l’intimité

ne pas se perdre entre les programmes

en toutes circonstances,
dans le meurtre ou dans les danses

ce monde ne me volera pas

cette attention
j’aime la déposer

sur ce qui me fait du bien

offrir
le Ventre

qui se guérit

je ne sais pas pourquoi

on m’a permis
de n’avoir jamais rien à résoudre

au tout début de ma vie :
la réponse,

des morceaux, paysages infinis

complexes, ces parts magnifiques

le mystère sans l’esprit

l’âme qui s’aligne

je sais ce qu’il y a
à respirer

de l’air
pour les étourdis

la puissance,
peut-être se cultive-t-elle

loin de ces bruits
là ou s’assemblent les réels

comme au Commencement

depuis ma naissance,
une réponse

je n’ai donc pas de questions

je sais ce que je sais

que tout se monte et se démonte

près de Son coeur, mon secret silencieux

*

je n’ai pas peur
du noir.

mon Royaume s’endort
la nature se repose

la vie, est-ce donc

tout ce qui est au-delà
de ce qui ne dure pas ?

regarde
la neige recouvre mon Pays

le ciel est blanc
le jour, calme

j’aime de la nuit
son arrivée

Apparition

mon corps se tord
rien ne se voit

il existe dans mon coeur
tout ce que je ne sais dire

un chant pour l’Enfant

au-dessus de ses souffrances
déposer les mains :

respecter la nature
le réel dans l’air, entre par mon nez

je le masse
sans le modifier

tout dort, je ne veux plus tomber

si le monde s’écroule
et qu’une chose ou une autre l’emporte

je sais, je sais…
rien n’est à gagner
ni non plus à perdre

je sais
je serai là

en ma force

je saurai encore dire
merci d’être Toi. 

*

être là,
dans le tremblement

la douceur, comme un espoir
une étreinte, lente

n’aie pas peur…

les fautes et la honte
pèsent sur le coeur

non…

plus de

justesse

je souris par mon âme
lentement, mes lèvres suivent le mouvement

les destins n’importent pas
ni à la mort ni à la vie

je sais, nous savons
ce qui ne se dit pas.

*

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