Promenades + Pensées variées – La Coupe, la Flamme, les Ancêtres


Journal / mardi, novembre 20th, 2018

L’hiver est arrivé. La ville, même sale, s’embellit avec la neige. La lumière est vive, les journées courtes, le soir arrive tôt. J’aime la noirceur des nuits d’hiver, il me semble qu’elles sont claires. La ruelle était glissante. Le corps, habitué, réapprend vite à marcher.

C’est la saison des conseils, des habille-toi chaudement. Je ris, je sais. Je ne le ferai pas. J’aime maintenir cette discipline face au froid. M’y détendre le plus possible, entrer en lui et le faire entrer en moi. Un échange défiant certains limites. Dans la chaleur, moins de repères. Il y a cette vapeur, dans laquelle j’aime respirer, familière, semblable à l’air à proximité d’un feu.

Enfant, un tison est entré dans mon oeil. Impossible de faire sortir ce qui s’était faufilé à l’intérieur. J’avais fait des cauchemars cette nuit-là, incapable de verbaliser l’ampleur de la peur. Suis-je maudite? Malgré tout l’amour en moi, l’ombre tout autour, la nuit si longue. Je ne comprenais pas tout ce qu’il y avait à surmonter. Je ne m’imaginais pas capable de vivre avec la charge que je commençais à peine à conceptualiser.

*

Les cavernes sont sombres, on ne peut pas toujours
être éclairé.

Lorsque je tombe en moi, je suis en sécurité.

Une flamme, tout au fond,
Universelle

que mon Être redépose
tendrement

sur le monde.

*

La flamme de vie, la Coupe qui se remplit ou se vide. Une conscience du phénomène amène une certaine paix à travers le processus, ce que nous appelons « vie. »

Faut-il un but, une ambition, faut-il un sens?
Vouloir, pouvoir. Autorités et soumissions.

Comment embrasser autre chose que l’air?
Les besoins peuvent se limiter, tout peut se rarifier,
et l’on sait que la survie est possible.

Les machines s’adaptent ou s’écrasent.
L’équilibre, hors ces dualités.

En équilibre dans le danger, il est plus facile de jouer,
d’un endroit à l’autre par choix, à travers le saut, l’abandon.

Dire plus que oui ou non.
OK, d’accord.

Je recule avant la moindre offensive.
Je ne veux pas arriver au point ou il faudra répliquer.

Je sais les bienfaits de la paix à travers le danger.

La jouissance hors l’excès. Les distances rapprochées au maximum.
Les Continents fusionnent sans se perdre l’Un dans l’Autre.

Mes yeux se baisseront humblement, puisque j’ai accepté.
Fière, je sais me tenir, quelque part.

Souvent droite, parfois lasse. Cohabitations.

Certaines réalités ont une importance.

*

Aimer la vie permet de l’entretenir. Aimer, exister.

*

Je n’ai pas su comment dire la peur des bruits.
Mon corps a été capable de s’adapter, une bonne machine, si on aborde objectivement les défectuosités de base.

Le nord dans le sang.

Chaque fois que j’ai écrasé sans le vouloir, que le malaise s’est amplifié,
j’ai reculé d’un pas.

De là-bas, j’écoute mes chants. Quoi? Sans question, pas de réponse.

Dans ces entraînements mentaux, le genre de parties d’échecs auxquelles j’aime jouer, je tente de formuler la question que je poserais, à certaines Puissances.

Dans le silence, l’interrogation se clarifie.
Par l’oeil et les accents.

Par préférence, la possibilité ici-bas, de choisir quelques paysages.

Ici, je ne devais pas donner cet amour.

Mon coeur a cédé quelques fois, sous le poids d’une pression indescriptible,
qui ne s’ancre pas dans ce que l’on appelle ici la réalité.

J’ai dansé quelques secondes avec un soldat, autrefois.
Respectueux, nous nous sommes ensuite quittés.

Dans l’intimité, les rencontres avec les princes et les dictateurs.
Dans ces rêves, accepterais-tu? J’aime mon Roi.

La réponse n’a pas plus de mots.

Des souvenirs se succèdent, tant les expériences que la quête.

Dans le ventre, tout se tait. Je ne veux pas parler.
La liberté, réelle.

Le Verbe entre par le silence

*

Pourquoi ont-ils donc accepté ces miroirs?

Mes Ancêtres, javellisés, ont perdu leur Mémoire.

Cette arrogance Blanche a détruit les ponts.

Mes Frères, pourquoi?

Comment ont-ils osé?
Comme on ose encore dehors,
comme ils osent partout porter atteinte à la dignité humaine.

Le respect, qu’est-il pour ces grouillants?
Le Puissant, on l’humilie, on le torture.

Primitives répétitions, le monde a besoin d’amour.
Rien ne leur suffira. Plus de corps, plus de sang
ne garantissent pas la Vie.

Cette génétique, ces tares : bénédictions.

Nous ne sommes pas eux.
Les continents peuvent se rencontrer à Nouveau.

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