Intégrations – Heidegger, Nietzsche : sur-, le lointain


LaBouchePleine, Show Me Your Glittering Soul / samedi, novembre 10th, 2018

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L’écriture.

Ne pas la compliquer par la maîtrise excessive de l’élan.

Faire le silence. Ce poids sur le coeur, ça pèse.
Pudeurs et tremblements.
Faire de la place. Les mains feront le reste.

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Au cours de ces lectures, cette semaine, plusieurs re-passants. Spinoza, Bouddha, Baba Yaga. Ailleurs, Ionesco. J’ai rêvé que je racontais un de ses rêves. Ce fameux mur, qui me fait passer à Haibane Renmei.

Un bel hommage à son influence.

En réfléchissant, je verse un peu de la cire des chandelles sur mes mains.

Elle se fige en une vague rapide.

Un signal que je n’associe plus à la douleur.

Déprogrammée.

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Certains l’incarnent ce nihilisme.

Aucun Dieu, aucun rien : aucun espoir, aucun désespoir.

Leurs enfants ne savent pas quoi sur-passer.

J’ai Aimé.

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J’ai été frappée par cette description des symptômes. Le vocabulaire connoté. Des pistes de solution concrètes. J’ai déjà tout oublié. Mais c’est noté, ça va rentrer à son propre rythme.

Il faudra absolument voir les termes allemands. Cette langue, la façon de conceptualiser, c’est logique. Le français tremble.

Pour m’aider à dessiner les liens entre les idées (ô, forêt dense nietzschéenne ou on rencontre ce que l’on peut/veut) je suis allée voir l’avis de Heidegger. Je le lis à voix haute. Je répète les mots, en les situant dans l’espace physique par les mains. J’observe mieux les géométries ainsi, lors des premières rencontres.

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Notamment, cette explication éclairante sur le terme Sehnsucht, dans Qui est le Zarathoustra de Nietzsche? 

« Si l’on ne voit pas d’avance ou l’on va, le passage demeure sans direction et ce dont le passant doit se détacher reste indéterminé. Mais d’un autre côté, ce vers quoi le passant est appelé ne se montre en pleine lumière que quand il y est arrivé. Pour le passant, et plus encore pour le maître qui doit montrer le passage, pour Zarathoustra lui-même, le point d’arrivée demeure toujours dans un lointain. Le lointain demeure. Pour autant qu’il demeure, il reste dans une proximité, à savoir dans celle qui conserve le lointain comme lointain, alors qu’elle y pense et qu’elle pense vers lui.

La proximité du lointain, celle qui se souvient de lui, c’est, en notre langue, la nostalgie (die Sehnsucht). C’est à tort que nous rattachons die Sucht à suchen (chercher) et à « être poussé ». Le vieux mot Sucht signifie maladie, mal, douleur. (Cf. Gelbsucht, « jaunisse », Schwindsucht, « consomption », « phtisie ».)

La nostalgie est la douleur que nous cause la proximité du lointain.  »

Traduit par André Préau.

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Merveilleuses, ces indications sur le passage et la direction.

Dans le lointain, quelque chose me laisse pensive… Il me semble qu’il y ait une différence, que je ne pourrais encore déterminer, entre le lointain et l’horizon.

night (3)

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Il y a quelque chose de formel, malgré moi, dans ce processus.
Salutations, braves gens. Merci pour vos images.

Des mots lus, écoutés. Beaucoup de rêves, de couleurs, des formes autour des mots.

Des mondes dessinés, pour le plaisir de mes yeux.

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Aufklärung. Le vocabulaire de Foucault, je ne sais pas comment l’insérer dans cette toile d’informations. Kant me déprime, ou me fait souhaiter la pluie. Ces passages dans le Nihilisme européen me confirment mon instinct.

Je ne sais pas trop d’ou partir. Peut-être du Moustachu.

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Les excès. Questions.

Dans le silence, ce qui était laissé en suspens, ce qui flottait tout autour. À l’envers de cette force, le néant. Au-delà de l’absence, au-delà des au-delà. Rien ne veut rien dire, et nous ne pouvons concevoir à quel point.

Le néant, ici, est souvent connoté. On l’utilise à des fins, on lui donne un but. Non-sens. Bogue fatal. 

Pourquoi la haine? J’ai haï ce que j’étais. Je me suis condamnée de me haïr. Incohérence. Bogue, bogue. Névroses, et etc. Les systèmes qui flanchent, les absences. Quelques visiteurs psychotiques. Bonjour, n’entrez pas, ne faites pas comme chez vous. 

mais haïr le monde? Ce n’est pas lui le coupable des fautes.

Condamner l’ordre, c’est le créer déformé. À quoi bon?

Perte d’énergie.

Les systèmes inefficaces périront. Plus vite que l’on ose le croire.

L’histoire se répète. L’absurde se gonfle, s’infiltre.

Le non-sens ne veut rien dire. Il n’y pas de directions. Pas de cible, de justifications. Pas de blâmes, pas d’oraisons.

Des louanges pour l’art, pour faire passer le temps.

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Amour :

au-delà des concepts / sensations, et de leurs renversements.

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