Réflexions sur le rire – Quelque part entre Nietzsche et Kierkegaard (aaaah, ça respire) // Ici-maintenant – instant


LaBouchePleine, Show Me Your Glittering Soul / mardi, novembre 6th, 2018

Je lis les philosophes sans leur donner de statut défini.
Allez, chercheur, dis-moi ta vérité.

C’est par mon langage indéfini que je leur répondrai.

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Et voilà que j’arrive à cette phrase du Nihilisme européen, de Nietzsche :

« Les grandes choses exigent qu’on les taise ou qu’on en parle avec grandeur : avec grandeur veut dire avec cynisme et innocence. »

Magi-gnifique.

*

 

*

Avec Nietzsche, j’ai ce rire tendre, amical,
qui se distingue nettement de cette larme piquante
qui prend naissance dans mon ventre, lorsque je me souviens
sa folie. À l’image de ce que ses mots ont fabriqué.

Ses mots, parole pure par moments, ont été interprétés par trop de bouches.
Un sort similaire à celui du Christ, de qui, finalement, on ne sait rien.

Et en ces interprétations, trop souvent,
la révolte violente prend la place du rire.

Rire.

*

Ah-ha ! Ce sens de l’humour.

Ces rires ne provoquent ni les mêmes réflexions, ou réactions.
Dans le rire, une trace du naturel, la possibilité de saisir (com-prendre) soi et l’autre dans l’instant.

« L’humour (…) ce n’est pas seulement une attitude théorique ou philosophique, c’est aussi une pratique, et une pratique réelle. Il arrive, je crois que je ne suis pas le seul dans ce cas, de rire quand on le lit, de sourire tout au moins, et de s’amuser. » Jacques Message, dans un entretien des Nouveaux chemins de la connaissance.

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Avec Kierkegaard, Nietzsche ou Tchekhov,
le rire qu’ils provoquent en moi efface les anciens réflexes
et rétablit le naturel.

Je Suis, dans ce rire, en relation avec l’Autre, sans peurs.

Une Enfant disponible à l’Expérience.

*

Il y a toujours quelque part, une pointe dans les écrits de Kierkegaard.

Celle-ci provoque parfois l’amusement, me fait rouler des yeux à d’autres moments.
Tout de même, ces réactions montrent bien ce qu’il réussit à toucher, puis à effacer.

Pendant un moment, il n’existe plus que la réaction. Puis, neuve d’avoir vécu dans l’instant et dans la relation à la fois, je suis prête à entendre les analyses de ses expérimentations. Bien là, sur Terre, dans l’ici-maintenant.

Un essentiel, il me semble, pour mieux pénétrer l’oeuvre sans chercher à comprendre les concepts par l’intellectualité. Les aborder purement, comme si la pensée ne s’était jamais présentée avant.

Rire, sans réfléchir, c’est à la fois participer au moment et s’en distancier.

Existence et ironie s’allient et se délimitent l’un l’autre. L’ironie, pratique comme l’existence, est cet état de détachement nécessaire à la contemplation, du moins dans cette perspective dualiste de l’univers.

*

L’ici-maintenant.

Pas plus, pas moins que l’instant. Quelque chose de différent, l’ici-maintenant est ce qui se vit, par l’ensemble des sensations dans l’instant, les interactions entre le corps, l’environnement, l’autre. L’ici-maintenant est peut-être pour l’Ailleurs une forme de matière. Des expériences cumulées dans l’instant, qui forment une ligne dans le temps.

*

Mont Saint-Hilaire 3.JPG

 

Une fois en et au-delà de l’ensemble, j’aime voir ce qui se distingue. À même le tout, rarement, des participants libres, qui ne dérangent pas au déroulement.

Ni dans l’absolu ni dans l’anti. Ils n’ont pas de responsabilités, puisqu’ils ne créent pas de trouble. Ils se situent hors la loi et ses conséquences imposées par l’ordre.

*

La liberté se floue, lorsqu’un individu limite son expérience vivante à l’expérience humaine, culturelle. Les relations entre nos propres personnalités et celles des autres, entre ces « soi » et l’environnement, sont complexes et instables. Tous ces liens brisés avant même les rencontres, ces constats d’impossibles, sont surtout ce qui remplissent l’ensemble des expériences.

Les fossés, ce que par préjugés ou autorité, des expériences sont catégorisées comme bonne ou mauvaise.

La méfiance prive de la nouveauté, la prudence mène à la répétition désirée sous le joug de l’illusion du contrôle, comme ce peut aussi être le cas du danger (le désir de contrôler les allées et venues du chaos, ses impacts).

Des prisons qui gardent hors l’instant, ou plutôt le défigure par les ancrages au passé ou les attentes pour le futur. Tout ceci crée un monde projeté par des illusions, néfastes au bon fonctionnement de cette machinerie.

C’est bel et bien ce soi, dans ce corps qui permet l’expérience et qui la tranforme. Sans l’intimité, pas d’instant.

Sans instant, pas de contact. Sans contact, pas d’instant.

Hanovre 11

L’ironie et l’humour, mises à distance. 

Qu’arrive-t-il lorsque l’ironie s’infiltre dans l’humour?

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