Notes et commentaires / Impressions – Après la lecture d’Il faut douter de tout, S. Kierkegaard


LaBouchePleine, Show Me Your Glittering Soul / samedi, novembre 3rd, 2018

Traduction d’Else-Marie Jacquet-Tisseau.

Et sur la répétition, la beauté dans le moment. 

Citations, courtes notes.

« et je suis devenu vieux avant que d’être jeune »

*

« L’essentiel se produit de manière accidentelle. »
La découverte a décidé rétroactivement de l’origine.

Le doute pour naissance de la philosophie « moderne »,
il fallut un avant pour créer un commencement,
pour qu’il y ait un après.

L’origine : la rupture.

*

But de la philosophie : « (…) pénétrer l’Univers tout entier de l’idée de nécessité et d’éternité et le faire dans l’instant présent ; elle prétendait recourir à la notion d’éternité pour anéantir le présent tout en conservant ses forces vives, voir dans l’événement actuel un passé révolu et présent à la fois, et connaître le futur simultanément comme tel et comme présent. »

Si l’on sait ce que conserve l’anéanti par l’éternité,
sait-on ce qui est perdu ?

*

Rapport maître-disiciple aboli par le doute?
Questionner le maître élèverait le disciple au-dessus de lui.

— Je n’y crois pas. Ceci crée au contraire un échange les élevant les deux à la fois, par le rapport (la conscience).

*

Le doute doit sa possibilité à ce tiers qui met en rapport les deux. 

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Photos de voyage, Copenhague

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Premières impressions (émotivités).

Avec un léger roulement de yeux, je constate encore dans ses mots le fossé qu’il crée entre l’homme et la femme, polarisés.

À la fois, idéalisation et ironie, catégorisations. On sent le poids de ses choix.

L’amour, tel qu’il le décrit, je le comprends. Ses mouvements me sont familiers.

Lorsque je lis des mots évoquant l’amour en tant que rapport, en tant que concept global, ou celui personnalisé en Regine, je ressens une forme de vertige.

Pourquoi toutes ces impositions ?
Un jour, peut-être, connaîtrons-nous enfin l’amour libre.

Que de complications inutiles, Amis.

Cette mélancolie… On ne doit pas être changé par l’autre.

Mais le rapport, la relation amoureuse lorsqu’elle ne brouille pas les sens,
peut mener en des zones inconnues, transformatrices en soi.

D’une façon propre à celle-ci, que ne pourra jamais imiter la solitude.

Les contradictions entre matériel et immatériel créent une forme : de nouveaux possibles disponibles.

Puis, cette mélancolie, même si elle devait s’évaporer comme un doux souvenir ou par l’effet d’un douloureux infiltrant, ne fait-elle pas partie de ce qui est à aimer de lui?

*

Le monde est souvent méchant.
Comme ils souffrent.

*

Je ne crois pas à la rédemption par le sacrifice, bien que je comprenne les bienfaits de la souffrance. Et je sais que l’âme peut grandir et s’améliorer au milieu du chaos et du danger.

La vie est souffrance, nous apprennent les anciennes spiritualités.

Il me semble toutefois que la souffrance existe, en tant que rapport, dans ce cycle que l’on identifie comme vie – mouvement vers la mort.

Je ne peux nier cet élan calme, cette certitude douce et sans naïveté, qu’il y a une façon de souffrir avec justesse, de condenser en un éclat la vie et la mort, capacité bienfaisante, lorsque l’on s’initie à la voie de l’Âme.

La mélancolie embue parfois ses mots. Le mouvement inverse, aussi.

Il s’en dégage une certaine douceur, malgré tout, même dans le raisonnement. Par le choix des mots, tantôt neutres (si c’est possible), tantôt émotifs, suivant un fil presque poétique.

J’aime les rapports qu’il crée, entre ses personnages, la relation entre eux et ses concepts. Les excès, comme les maturations, les prises de conscience. Constater les traces d’un cheminement.

L’intelligence rare, même dans ce qu’il serait tentant d’appeler monstrueux. Puis, le réel qui se mêle à la fiction, la sensibilité émanant de cet homme.

J’aime accompagner sa pensée, la laisser me guider sur ses chemins. M’étonner avec elle, la questionner. Douter de mes propres chemins pour me rendre à une réponse.

*

Copenhague 52

Impressions sur Johannes. 

Vingt-et-un ans.

Le pouvoir de l’imagination, transmis par le père, comparé à la figure Divine : construction d’un monde intérieur puissant, qui rend Johannes étranger au monde extérieur. Il se sent différent des autres.

Le vide, son importance soulignée par le personnage. Le vide pour révélation? Il est, du moins, un autre mouvement du monde intérieur, du cheminement de la pensée.

« La passion du raisonnement  » – les propositions, des énigmes : sortir des labyrinthes par la pensée.

Le « oui, je le veux » qui mène au reste. Le choix-élan initial.

Il aime effacer les conclusions et reprendre dès la question initiale le raisonnement.

La pensée pure, comme un idéal amoureux, adolescent : ses espoirs le mènent au mécontentement. Il ne trouve pas réponse dans les interactions. Rien n’a été dit. Des constats connotés : c’est vain. 

Il constate l’absence des plaisirs et des surprises – l’étonnement des Anciens serait-t-il surmonté? Est-ce une trace du saut en ce commencement moderne?

 

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