Notes d’insomnies – À la lecture d’Il faut douter de tout (Kierkegaard) / Près de l’hiver de Pasternak


LaBouchePleine, Show Me Your Glittering Soul / jeudi, novembre 1st, 2018

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Est-ce possible, l’art et la pudeur en même temps?

Ce que je tente de rendre, en cette contradiction.

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Kierkegaard, l’Enfant mélancolique.

Cité par Jacques Lafarge dans sa préface
d’Il faut douter de tout, aux éditions Rivages.

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Donner la chance au sur-soi d’être.

Éviter de dire : mais qui serais-je sans X caractéristique
qui serais-je avec celle-là, en plus?

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L’Enfant, sans la mélancolie de l’adulte de ne plus être ce qu’il a été.
… ou de ne jamais avoir été ce qu’il aurait pu être.

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Sous la lampe. (Léon Tolstoï dans le cercle de famille). 1902
Under a lamp, 1902.  L. Tolstoï en famille, par Leonid Pasternak

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La vie existe ailleurs que dans le grouillement.

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La rupture avec Tolstoï par Ainsi meurt l’amour. 

En même temps, les maîtres précédents
tragédiens provocateurs, grands tremblants
insatisfaits de leur médecine.

Ceci, dès les premières rencontres
avec Tchekhov, le médecin.

Les déchirements justes.
La souffrance correcte.

Le sentiment intime, pour la Russie,
doucement exalté. Quelque chose que personne
ne pourra me dicter. Autre marque
de l’intime, l’amour du peuple,
du leur et du mien.

Tout ce que je sais taire, de tous temps,
y est.

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Dans le silence, mon réel.

Dans l’Étreinte, je suis.

Rien à démontrer.

À quoi bon les souffrances?
Ce coeur ne sait qu’aimer.

Le refermer ne m’a jamais protégée.

Je n’ai fait que passer.

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*

Je n’ai pas voulu qu’ils prennent
cette mort dans laquelle Tout se trouvait.

J’ai pris ma vie, ils ont imité ensuite.

*

*

Je portais la mort de tous les potentiels.

Veuve du possible, vivant dans l’impossible,
j’ai donné au monde mon silence.

Taire, tout taire, voilà ce que fut ma mission.

Maintenant, plus rien.

Sans la mélancolie,
qui a écrasé mes mémoires, des sensations familières
défilent.

Qu’est-ce ..? Une lueur, mes propres reflets,
rien à leur répondre. Soupir de soulagement.

Je me sais.  Cette cape sombre
recouvre mon coeur, qui Vit

au-delà de tout ce que j’ai fui.

*

Boris
Boris Pasternak, peint par son père, Leonid Pasternak.

Avec Pasternak, cet étonnement face au sentiment.

La nuit, loin des regards insistants,
ou de mon invisibilité persistante,

je l’ai regardé patiemment.

Une incompréhension équilibrée
de ces soubresauts, qui semblaient durer.

Les ruptures, les passions,
et ce calme derrière, un vaste soulagement.

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Les contrastes entre retenue et laisser aller.

Les mouvements contraires, chaos goûteux.

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Pasternak, le Juif converti.

Qu’a-t-il vu en son Christ?

Lui a-t-il lui aussi donné le poids du Sauveur?

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