Réveil + Pensées variées – Sur la liberté / la foule


Journal / lundi, octobre 22nd, 2018

*

Dans l’art
celui auquel je ne peux m’associer,

il y a la volonté de passer un message.

La politique s’insinue
comme la psychanalyse envahit
et les questions s’enchaînent

et des intellectuels auront des réponses.

Et les artistes oublieront qu’ils savaient déjà le chemin.

*

Je préfère écouter les cons.

*

*

Une pensée pour Eisenstein,
l’intelligence de sa réponse.

L’exigence claire, les risques grands.

Mais encore,
trop de tremblements.

*

Il y a le ridicule qui provoque le rire, la farce,
la foule aime être menée, on le sait,
elle rit, mais s’en va toute retournée

c’est bien,

le questionnement n’est pas la seule clé.

Il y a cette assimilation instantanée, accessible à celui
qui accepte qu’il ne sait pas.

*

Rien à savoir,
tout à voir.

*

*

Rien à déjouer, à jouer

la vraie liberté
se trouve là, lorsque le soi
est assez dégagé

pour ni accepter ni refuser

lorsqu’ici-bas
ce corps continue sa route
et cet esprit, pendant un temps au moins,
son amélioration

je suis libre
je sais à quoi je retourne.

Qu’on l’appelle vide ou plein
ce qui est là n’est pas de l’ordre
de ce qui se voit.

Il prend corps, et si je le reconnais
je n’oublie pas.

C’est mon intelligence,
bien plus qu’un droit
une nuance de mon âme.

Je suis libre.

L’autorité existe, la contrainte aussi
ce monde n’est pas le mien

je suis une discrète Régente,

le monde sera toujours contrôlé
manipulé, défiguré

comme des traits imposés
sur une toile immobile

je n’ai rien demandé,
je suis.

Libre, celui qui aime
au-delà des frontières, entre elles

dans l’espace interstitiel
sans armes, sans lois

ils sont libres de me chasser
les armées, de poètes ou de punks
de fidèles, de pervers

l’habitude et la répétition
m’ont dénudée

ainsi plus besoin
d’exhibition

rien à cacher.

*

chant dans la nuit (5)

*

Ce qui ne se donne pas
intact.

*

Primitive.

Sourire aux Ancêtres.

*

Des courants d’air dans mon dos, j’aime l’hiver qui s’installe. Les corbeaux sont venus chanter. Je les remercie. Quelques secondes, on se regarde. J’existe, dans l’éclat de l’instant.

Je n’ai jamais prétendu avoir sa lumière, mais je sais la regarder.

L’éclat, tout ce qui ne s’intègre pas, ne se prend ni ne s’apprend. Ces machines humaines se transformeront toujours, par les chocs. La chair existe, tout le monde le sait. Aucune négation, ni affirmation, aucune nuance, n’a réussi à faire oublier.

Cette machine existe. Quelque chose, un éclat, qui surpasse la limite et son franchissement. L’étincelle n’est pas le frottement.

Le feu n’est pas une découverte. Il existe, en soi, autrement que dans la conceptualisation que s’en fait l’humain.

Cette flamme en moi, celle que je suis et celle que je ne suis pas.

On peut la découvrir, s’en emparer, on peut défigurer par sa force de belles sensibilités.

La flamme existe, a existé, bien avant que l’humain ait voulu la prendre.

Dire ce feu, le commenter et le réfléchir, c’est se l’approprier,
trop souvent, le priver d’une part de liberté.

Ce qui se donne ne compte pas. Certains parleront de partage.

*

Parfois, ça se dessine et les liens en tout se créent.
Si c’est doux, juste assez ferme, je me laisse aller.

Ça vibre, se multiplie et se répand.

Ça ne renverse pas les fondations.
Tous les mouvements existent, rien n’a été inventé.

Des noyaux et des orbites,
des traversées ou des immobilités.

Tout a été, tout ne sera pas,
tout peut-être pourra se réinventer

et exister
tel que tout a toujours été.

*

etc. etc.

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