Pensées variées – Enfance, la force, lui


Journal / mercredi, octobre 10th, 2018

Cette machine de chair possède différentes caractéristiques,
plus ou moins spécifiques. Un modèle qui ne sort pas de l’ordinaire
en termes de capacités de fonctionnement.

Mais la mémoire-conscience de l’enfance
est une clé majeure dans la possibilité de réparer
des non-fonctionnalités.

*

Des images claires, que j’aimais projeter par mon front
sur les murs de ma chambre, dansaient doucement ensemble.

Parfois, un doigt pénétrait la fenêtre
après qu’un magnifique oeil ait observé la scène.

Une grande lumière, qui n’aveugle pas,
se déversait alors gentiment sur moi.

J’étais bien, d’un calme si parfait
qu’il est impossible de penser
à fuir ou pourchasser.

Cette sensation pourrait s’appeler pureté. 

Pas plus d’une ou deux fois, il me semble,
j’ai pu voir le corps en entier.

Près de moi, souvent, des êtres jouaient doucement.
Des enfants, comme moi, à qui je ne pouvais pas parler.

Des rêves, des histoires
des synchronicités

que j’ai vus sans juger.

Observe. 

La vie se déroulait comme un long bal.

Là, j’étais en sécurité.
Au coeur même de la bienveillance
là ou il n’existe ni temps, ni espace, vie ou mort.

Toujours, la joue chaude sur ma peau et mon âme
d’une Sagesse enveloppant tous concepts et perceptions

des musiques caressantes, lancées de loin
parfois de très près, du ventre jusqu’à l’oreille

une voix claire, fortifiante.

*

J’ai eu peur, lorsque l’on m’a parlé de superstitions
et de formulations. Rites placés, prières préfabriquées.

Comment aimer sans découvrir?

J’ai cru que mes Créations étaient le fruit d’un péché
alors qu’intrinsèquement, je ne ressentais pas ce concept.

Comme n’importe quel autre mot, il me fut enseigné.

Bonne élève, j’ai cherché trop longtemps à me punir
des moindres élans. Les maîtres furent autoritaires et prompts
il fallait qu’ils le soient plus que moi.

Ce qui fut brisé alors, j’en ai fait ma responsabilité.
Jusqu’à ce que dans un éclat béni,
quelque chose s’est détaché

j’ai vu, j’ai appelé en silence.

Je n’ai pas la force de la vengeance,
murmurais-je chaque jour,
à l’abri dans un ventre noir.

J’ai enveloppé tout ce qui me restait de force,
guidée par ces mêmes voix de l’enfance :
rencontre-toi, retrouve-le.  

J’ai regardé et tout s’est tu.

Cette force a tout surpassé.

*

Quelque part
le Souvenir d’un roi victorieux, sans adversaire
hors du temps, hors des lois
sans les guerres, ni les exploits.

Un miroir tendu, dans lequel je pouvais aussi
voir son reflet.

Sans confusion, sans hommeries
aucune tromperie.

Dans les chutes, prise dans mes failles
je l’ai regardé. Est-ce donc lui, ici? 

Je n’étais pas en danger.

J’étais. Comme je suis maintenant.
Présente.

*

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