Pensées variées (15)


Journal / jeudi, juillet 19th, 2018

Je l’aime. Je l’aime.
Je l’aime.

*

Et si je n’étais qu’un personnage,
ayant pris vie dans la matière, pour exaucer le voeu ultime
de son Créateur, mort et devenu Dieu

un personnage qui se sait petit
et pour cette raison, qui saura peut-être surprendre
son Auteur.

*

Enfant, j’acceptais cette idée.

La lumière dans laquelle je baignais ne laissait place au doute.

Sans la faculté de penser en mots, je Voyais et surtout, je ressentais.

La nuit, c’était les tourments. Le noir…

*

Le noir des yeux clos, lorsque le sommeil s’impose
celui qui pour certains est un Ami
pour d’autres est à la source même de la Souffrance
indéliable.

*

Dans la fosse,
je le revois sans cesse

debout et droit
tel que le commanderait la Loi

déchu, déchiqueté…

Les mains sur mes lèvres
je retiens ces sanglots

qu’il devine sans que je n’aie à bouger
je m’approche doucement

mes blessures se guérissent d’elles-mêmes
à chaque pas enclenché

dans la fosse     je sais

que je ne l’ai jamais Oublié.

*

En Le croyant non incarné, en faisant le choix conscient d’une croyance fixée à adopter,
j’ai renoncé à une existence joyeuse.

L’amour de Dieu ne m’a jamais suffi, il me semble.
Bénie, j’ai toujours eu Conscience de sa joue.

Aveuglée par les deuils, je n’ai pas été capable de voir tous les Dons
présentés sur ma route.

J’ai fait de la vie un chemin de croix, ou la souffrance et la perte
détrônaient tout sur leur passage.

La Noirceur était ma seule alliée, puisque par elle,
il m’était permis de Le retrouver.

Tantôt doux, tantôt déchaîné, surtout parfaitement immobile,
dans le bien comme dans le mal.

À chaque rencontre, je n’ai pu que m’incliner, Fidèle Servante voilant
sa Nature Royale… J’ose être Reine, lui tendre la main
dans cette posture recourbée. Aucune honte à avoir
quand le Roi est bon.

*

Dans ce monde ici-maintenant, les rappels de son existence,
que je ne pouvais pas tout à fait identifier comme tels, ont fait croître une certaine paix.

Cette solitude née du constat quotidien de son absence m’a tuée.
J’ai préféré les meurtres causés par nos présences rassemblées.
L’amour, au-delà de tout, voyage en chaque Polarité.

Assise dans la certitude qu’Il serait toujours manquant, j’ai été en mesure de regarder certaines émotions intenses, insupportables. J’ai aimé, j’ai aimé grandement, ceux qui me rappelaient à l’un de ses Fragments.

La Mort m’a sans cesse rappelée, pourtant, me murmurant :
reprends ta route, puisqu’il t’attend.

Laisser un commentaire