Pensées variées (14)

La chasse au coupable, à la souche de projections faussées.
Les distortions.

Puisqu’il y a faute, il y a coupable. 

L’humain, honteux, le projette souvent en ce que le chrétien a appelé son prochain. 

Hors soi, la culpabilité, puisqu’elle existe en soi.

Si je suis laid, le monde autour l’est tout autant. 

Pourtant, la beauté existe, ce fut amplement démontré.

Tu vois le beau, ainsi tu nies le laid en toi.
Continue de regarder, vois, vois tu es aussi laid que moi! 

La pureté des sentiments leur apparaît comme un mensonge.

Et ainsi reprennent les chasses.
Le coupable, hors soi.

*

Et je me dis trop souvent : j’existe, je suis donc une pression.

Toutes ces lois agissant ici, la gravité, le poids, tout se transforme si vite en lourdeur.

*

Et les lourdeurs en douleurs.

*

Les décontractions involontaires de ces muscles, successives, sont à l’image de l’état mental. La diffusion de l’esprit, qu’il faut rapidement rassembler. Comme pour ces douleurs, faire le mouvement inverse, ramener avec douceur et fermeté.

*

La nervosité du cheval.

*

Les failles amoindrissent-elles la beauté?

Peut-être, ici-maintenant, lorsque le choix du sombre est vécu comme une peine perpétuelle. Le choix du faux, du terne, le choix de l’incarner durablement dans le temps. Sur Terre, il existe bel et bien des (dé)limitations. Des traits, des difformités. Sur Terre, des choses peuvent se briser.

Est-ce qu’il faut les réparer? Cet acte me semble aussi barbare que celui de casser.

Il faut reconstruire? Recréer?

Un choix parfois impossible.

Ainsi, oui, demeure la laideur.

*

La loyauté du chien.

L’instinct de meute du loup.

*

L’humain projette constamment.
Sur le monde, ce qui existe en lui.

Il s’invente des dieux à son image.
Il le tue. Défait sa propre création mythologique.
De vulgaires personnalisations.

Il se définit parfois par ces déconstructions.

*

 

Dieu s’est fait marionnette,
manipulable par la foule,

il est devenu un autre.

*

L’humain surmonte ses dieux personnels par le meurtre, trop souvent.

La peur, toujours quelque part en lui.

Parfois, il se fait athée et discute sa propre toute-puissance.
Il se veut idole à son tour. Ou alors, il en crée une par l’absence.

Rien n’existe! Comme s’il avait inventé le néant.

L’humain aime s’éprendre. De lui-même, d’un autre.

L’humain imprime, puis reproduit.
Il imite.

Au fond, il se sait artiste, créateur.

L’humain est toujours un peu un enfant.

*

La marque de la souplesse, difficile à incarner en notre atmosphère.

Ici, tout est à comprimer.
Il faut s’inscrire dans les dimensions.

*

 

 

Qui fut l’enfant, avant d’être un dictateur?

*

Cette conscience de l’ombre, cette capacité à s’y endormir.

*

Il existe des possibilités terribles qui n’attaquent pas.
De la noirceur qui n’a pas à me concerner. Je la contemple,
consciente de l’ampleur, souriant à la possible profondeur
sourcillant face à son absence.

Je choisis, ensuite, de regarder
ou de m’endormir.

*

Envahir. Une action qui donne le ton à ce que l’humain a appelé son Histoire. 

*

Et quelque part, tenace, entourée de ces fantômes et de ces cris,
je respire. Je lui souris. Me voit-il? Je ne sais pas.
J’attends, sans attendre, j’attends tout de même
qu’arrive la fin des anciens temps.

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