Notes de traduction de Georges-Arthur Goldschmidt – Ainsi parlait Zarathoustra, F. Nietzsche

Rapprochement avec Freud.

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« Innocence et avidité » (die Begierde) : « exigence passionnée », verbe begehren : « devenir irrésistiblement ». Là aussi la langue allemande distingue très nettement « l’avidité physique » du « désir » (Sehnsucht). On est ici tout près d’une autre notion qui ne cesse de revenir dans l’oeuvre de Nietzsche, présente dès Aurore (1881), celle de « pulsion », Trieb. 

Il s’agit là d’une poussée intérieure que Nietzsche distingue de son synonyme der Instinkt (l’instinct), or le Trieb (la pulsion) est précisément l’un des concepts clefs de toute la pensée de Freud. Il est tout à fait instructif de comparer à cet égard le texte de Freud : Pulsions et destins pulsionnels (Triebe und Trieb-Schicksale) avec, par exemple, ce que Nietzsche écrit en été 1883 (au moment donc de la rédaction de Zarathoustra) sur les pulsions. Déjà dès l’automne 1881, Nietzsche avait pris beaucoup de notes sur les pulsions (Triebe), (…) chaque fois les rencontres avec Freud sont étonnantes. Par exemple, avec Trois essais sur la théorie de la sexualité, (…) ou La morale « culturelle » sexuelle et le nervosisme moderne, texte qui semble en droite ligne issu d’Aurore. » 

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