Aimer / Avoir peur (2)


Journal / mercredi, mai 9th, 2018

Même dans la peur, le calme.

*

Reconnecter à ces rencontres
entre les espaces,

entre le point de départ, l’arrivée et la chute.

Dans ce vide, je le sais, je le sens
il a toujours existé.

*

En l’absence de pensées, des images-sensations.

*

La peur fait perdre les sens.

Sans les sens, le surplus d’émotions.

Avant le vide, l’instinct de protection.

*

Sans directions, je deviens toute émotions.

*

La force serait d’accepter l’élan,
la perte de contrôle. Le vertige n’existe plus
lorsqu’il y a abandon.

*

Comme avec la douleur, devenir la peur.

*

Et l’on croirait que la solution est toujours présente en soi.

Que faire lorsqu’en ces lieux n’existe plus rien?
Quels paysages regarder?

Au loin, au loin. 

Quelque chose se dessinera-t-il toujours?

*

Toujours suivre l’oeil derrière la montagne.

*

Un réflexe personnel : associer l’admiration à la prostitution.

*

Que faire avec cet amour, tremblant, au bord des lèvres, qui voudrait s’étendre doucement ? Trop inexpérimentée pour le commander, trop fragile pour longuement le porter debout, je ne peux maltraiter ce don.

*

Garder en soi la vie.

Accepter la nature de ce qui est.

Participer à son épanouissement,
plutôt que de répéter : Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir.

*

Ce n’est pas que je n’ai plus la foi.
C’est qu’elle a existé, partout en moi, avec tant de force…

Le réflexe fut de crier : Dieu est en vie ! 

Je sais maintenant le ressentir et le contenir.

Mais devais-je absolument l’apprendre par le sacrifice de cette foi?

*

Qu’est-ce que le choix?

Cette existence, sans aucune passion, me semble encore insupportable. Le vide prend beaucoup de place, l’espace se remplit de nouveaux néants.

Même l’ennui se reproduit.

Après les douleurs de la mélancolie, les compressions.

L’écrasement des perceptions,
l’absence de tout ce qui est, aucun Rien sacré.

*

Sans la croix, la mort survient-elle tout de même?

Vivre complètement,
pour mourir. Réussir cette finalité, qu’elle soit ou non illusion.

*

Le Christ n’a jamais suscité en moi la Foi.

La Beauté, la passion amoureuse, la dévotion.

L’amour pur.

L’espoir, parfois. Il existe donc des humains doux et fermes. 

Mais la Foi… ?

*

Qu’est-elle ? Un sentiment durable d’espoir ?

*

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