Pensées variées (13)


Journal / vendredi, mai 4th, 2018

Voir la pire possibilité,
une façon de rire du mal
recevoir l’attaque avant qu’elle ne vienne
lui sourire pendant le coup.

Une façon de dire :
je meurs ici par choix.

*

Il existe de la confusion qui n’est pas violente.

*

Ce n’est pas pour philosopher que je demande : pourquoi ? comment? 

Qu’est-ce que le mal ou le bien, le beau ou le laid? 

Je ne comprends pas. Tout me semble interelié,
tellement que l’ensemble m’apparaît généralement emmêlé,
chaotique, ici-maintenant.

En même temps, il y a cette persistante conviction de n’appartenir à rien. Qui suis-je, m’importe peu. Devenir, je le comprends de l’intérieur. Le monde autour, ce qui me lie à lui est très flou. Il me faut accepter d’en faire partie, puis aimer à nouveau.

*

Dans ce monde, qui n’est pas moi, cet Autre, voilà ce qui donne à mon existence un intérêt.

Par le temps accordé à son intimité, le monde autour autour se développe, puis se détaille.

Voilà le moment ou lucidement nous pouvons en convenir : tout n’est pas en soi.

Cet univers imprévisible fabriquera toujours des miracles.

Hors moi.

Hors l’invention du soi.

*

Regarder l’autre ne veut pas dire

le penser

le réfléchir.

*

Guide de l’inconscient, maître de bien des néants
sur lesquels se projettent pourtant

tout ce qui n’est pas.

*

L’Illusion
qui les mena vers l’Illumination.

*

Ces moments émotifs rares et pointus sont déstabilisants.

Ivre, je pouvais les encaisser.

En renonçant aux dissociations, en acceptant de vivre ici-maintenant dans la lucidité et la conscience, j’ai découvert mes fragilités.

Je crois que c’est ce que les gens, ici, appellent
les limites.

*

Cette façon de rire sans les lèvres, sans la voix, sans les yeux.

À peine une petite expiration.

*

Le passé.

La fatigue sans le sommeil. L’état de veille sans le repos.

La nuit, les rêves ont disparu.
Le quotidien était un brouillard persistant.

Le réveil fut brutal.
La lucidité, un voeu à renouveler.

La réalité qui se tord devient rapidement cauchemar.
L’imagination devient prison. La solitude, le seul sort possible.

Toute cette peur vécue.
Cette concentration nécessaire pour la regarder en face.

Les sens unis pour vaincre la confusion.

La fatigue est indéniable

l’effort
des années durant, persister à dire non
aux tourments.

*

Combien de fois devront-ils naître en des lieux déserts?

*

Bercer, plus qu’être bercée.

 

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