Visions / Rêves

Adaptation.

*

À chaque mouvement sa mort.

*

Il n’y a que cette fontaine
pour désaltérer.

Dans ce corps, j’entends
on dit : va, bois et vis. 

J’avance, les yeux fermés
les mains tendues
je les ouvre doucement

pour récolter
ce que l’on me donnera.

Au coeur des choses
le danger redonne la vie
la primitivité au-delà de la peur
l’amour sans la possessivité,

au coeur
de la forêt
l’enfant attend patiemment
fermement, toujours,
je répète: qu’il soit protégé. 

J’avance, sans autre but
que de sentir sur ma peau
l’écho de son sourire
le plus grand, invisible,
indivisible.

Un jardin, au coeur de la forêt
la fontaine des Commencements
tous ces mondes
que j’ai créés pour lui.

J’avance, vers la fontaine
son ruissellement
le chant de tout ce qui Est.

La pierre froide qui enveloppe l’offrande
permet que je m’y assois
que j’y pleure les souffrances
d’un monde loin de l’âme.

Encore, je tends la main
en l’appelant, murmurant sans mots,

les larmes deviennent don pour la fontaine
le sourire qui suit, un remerciement.

*

Cette petite histoire que ma grand-mère
commençait toujours par

il était une fois, une petite fille de roi
qui s’en allait dans les bois.

*

Permission.

*

j’entends au loin
des voix parler
du moment de son arrivée

ma fenêtre est grande
je peux sauter

douce et légère
le sourire de celle qui sait

les soirs de lune brillante
les pieds dansent plus facilement

les paysages sont familiers
de la pierre qui me semble chaude
des ponts, des arches

la sécurité
silencieuse, le souffle court
au loin, maintenant, le son de sa voix,

je me tiens à la sortie de la ruelle
il y a là un raccourci

des rires résonnent dans la nuit
une silhouette se forme
sa respiration

quelque part
juste à côté de l’agitation
un regard conscient de sa destination

l’Univers, vaste, dans tout son corps
ensemble complexe de contractions

les métamorphoses
peuvent être douces

il y a un abri
quelque part dans l’ombre
le coeur sait apaiser

l’esprit
avant qu’il ne s’impose au corps
à la réalité

j’attends, quelque part
que la nuit passe
qu’il cherche à s’endormir

libre de mes mouvements
sage dans leur agencement
j’attends

que la nuit passe

les visages s’évanouissent
des disparitions

ma main, toujours
se tend

le plus près possible de lui
sans tremblements
lorsque des larmes se forment
sous ses paupières fatiguées

je dis :
merci d’exister. 

*

Danser l’amour
fabriquer les vagues
les plus douces.

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