Sur les hallucinations


Journal / mardi, avril 3rd, 2018

Tout est le deuil.

Tant de rencontres dans les cimetières.

Les porter comme des enfants.

Donner naissance. À autre chose qu’un Monstre.

*

Parfaire.

*

Rien n’a de sens, sans liant.

*

Quelques indices sur les hallucinations.

Le lapin, dans ce rêve, m’a presque passé au travers.
J’ai ri, un grand rire.

Il était très beau, une image qui me fait encore sourire.
Son regard avait quelque chose d’inquiétant, toutefois,
la froideur d’un hologramme.

Similaire à ces belles images argentées, entre deux états de sommeil, qui se manifestent hors mon esprit pendant un court moment. Des récurrences : des méduses, de longs filaments sans corps, des araignées. Ceux-là, comme le lapin, ont foncé très rapidement vers moi, quand j’ai pris conscience de leur présence. Il faut me réveiller avant les chocs.

Il y eut aussi ces quelques fois mémorables avec le prisonnier, ses chaînes aux pieds. Il restait bien en place, même lorsque j’entrais en contact. Tu peux approcher. Viens dormir avec moi. Le réveil venait rapidement après, sans choc, me laissant calme et aimante.

Une autre fois, cette fleur magnifique, transportée du Jardin. Par le calme de la vision, j’ai pu garder une certaine lucidité. Jusqu’à me commander : compte le nombre de pétales.

J’ai pu regarder, tenter de répondre à la demande, essayer de toucher.
Confort, au réveil.

Autres indices.

Ces araignées que j’imaginais, enfant, se précipiter dans tous les coins. Ce qui me faisait peur était de ne pas savoir d’où elles provenaient. Je m’imposais ces images pour entraîner un mouvement. Un sens du défi envers ma paresse, qui est devenu très vite un outil de torture. L’imagination comme ennemi. La fin de l’enfance.

Les premières hallucinations nettes, des araignées. Celles-là ne me faisaient pas peur, puisque j’avais le temps de les observer, de comprendre qu’elles ne faisaient pas partie de la réalité.

Ce qui a prolongé la chute a surtout été d’avoir peur des hallucinations, et de développer une forme de paranoïa chaque fois que s’agitait mon imagination, tout esprit de créativité devenant une menace potentielle.

L’hallucination en tant que telle, une fois expliquée, traitée, n’a plus été problématique.

*

Mourir, dans le calme. Le but de l’existence.

 

 

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