Pensées variées


journal, LaBouchePleine, Show Me Your Glittering Soul / lundi, janvier 29th, 2018

Ce rêve m’a fait une drôle d’impression. Une sorte de fête, qui me faisait plisser des yeux. Sans doute est-ce à cause de l’image du cortège. Celui-là n’était pas de Dionysos. J’ai vu sa douceur, je crois, malgré ma peur de l’affirmer. Mais il y a quelque chose de nettement digne, de royal, dans cette lumière qui parvient à mon coeur. Et par celle qui traverse mon épaule à droite, en commençant par le dos, je ressens la douceur. À la gorge, elle devient pétillement. Mes lèvres, si elles sont lasses, deviennent un sourire.

Dans le rêve, je faisais partie de la foule. À ma simple expression d’étonnement, calme, un sourcil tendrement levé, un homme s’est tourné vers moi, m’a expliqué la situation. Il y avait une confusion: nous ne savons pas s’il est duc ou archiduc. Ce semblait être entendu, que personne ne savait. Ah bon? J’ai choisi de m’arrêter pour regarder passer le cortège. Mais avant de le voir, la scène s’est complètement modifiée.

Le frère de maman, récemment décédé, dans la forêt, parfois à l’intérieur de son chalet, me montrant la fenêtre en faisant un geste vaste. Peut-être est-ce à cause de ces rideaux que je laisse ouverts, de ce ciel que je regarde pour m’endormir.

L’agencement des scènes, les couleurs. C’était différent de mon imaginaire, de ma façon habituelle d’assembler des images, en rêve. Quelque chose a maturé. Cet amour nouveau que je ressens, cette nouvelle ouverture de mon coeur. Les nouvelles larmes, les nouvelles certitudes.

La répétition, oui, des morts et des naissances. Je ne suis pas étonnée de ressentir, mais l’intensité m’effraie. Je ne m’attache pas, pour ne pas étouffer. Par culpabilité d’aimer trop, d’aimer grand, et surtout, d’avoir envie de vivre l’amour. J’aime ici-maintenant, dans le monde concret, ce coeur est grand.

*

La douleur a été forte, ces dernières semaines, l’angoisse était à nouveau là. Plus présente, et constante. Je m’étais demandé, à mon anniversaire, qui je serais à 28 ans. Je sentais des risques, pour cette nouvelle année. L’instabilité financière, la peur du futur et mon incapacité à le schématiser, le manque et l’ennui, la solitude toujours plus réelle, telle que je l’avais souhaitée, en un sens. J’ai voulu guérir, et par moi-même, mais j’ai connu, que j’aime l’affirmer ou non, beaucoup de frustrations.

J’ai hâte que dans le monde concret, ici-maintenant, les choses soient plus simples. J’aimerais dire que j’ai espoir que ce sera le cas. L’espoir. Pourquoi ces larmes, seulement à l’évoquer, l’espoir… pourquoi cette douleur ? Pointue douleur.

*

Son arrivée soudaine dans ma vie, ravive ma capacité à ressentir aussi intensément. Chaque fois que mon coeur s’ouvre, les blessures aussi. Il faut dire doucement. Je ne pourrais pas supporter d’étouffer à nouveau, de créer à nouveau de l’emprise. J’aimerais aimer librement, laisser vivre mon coeur sans le réprimer dans mon corps, lui donner de l’espace. Avec l’amour, souvent les doutes et les tremblements. Le vertige et la nausée.

J’ai expérimenté des amours si grands, si rares, que je peine encore à le croire. Et cette simple pensée me fait craquer. L’impression de ne pas l’avoir mérité, mais surtout, un remerciement déployé, qui se voudrait infini. Voir l’autre. L’importance de l’autre. Je n’aime pas limiter cette certitude à une forme de narcissisme renversé. Non. C’est par l’autre que je vois. Ce n’est pas mon reflet que je regarde. Je ne me recherche pas.

Des semblables, oui, bien sûr. Le rêve, vivre cette connexion si fragile, souvent, avec eux. À la fois, il y a cette possibilité d’ôter le moindre masque. Mais le doute revient et fait se modifier les perceptions, la peur devient une nouvelle prison. L’amour se gâche? Si tel est le choix, tout est possible.

*

Comme si ce pont me permettait de mieux voir la mort.

Ce vieil homme, cet enfant. Ensemble, ils voient beaucoup.

*

L’amour qui n’en remplace pas un autre. Toujours aussi beau, aussi grand.

Le deuil du disparu ravivé, lorsque vient l’apparition.

*

J’avais peur du silence, avant. Je ne connaissais pas l’apaisement.
Vivre, mon ambition, et pourtant, je n’arrivais pas à le faire.
Toujours en quête d’une solution. L’esprit qui ordonne et contrôle
et cherche à forcer le corps à vivre. Les nerfs à vifs, la névrose,
les limitations toujours plus grandes. Des murs contre moi,
des murs pour abri. Je ne les ai jamais supportés longtemps,
sortie de mon corps, j’ai rêvé et médité
mon âme loin et partout, nulle part et ici
au-dessus des forêts, mes Frères sont beaux
je les ai regardés, près des rochers, l’eau est claire
j’aimais ne pas y être reflétée. Envolée,
j’ai eu envie de me faire abri moi-même
je me suis posée, j’aimerais tant pouvoir envelopper,
quelqu’un que j’aime vraiment.
Maintenant, je n’ai plus besoin de quitter les prisons
puisque je ne les habite plus, l’envolée devient
choix, et la poussée vient rarement,
c’est dans le silence que j’aimerais apaiser
c’est par mes yeux qui savent envelopper
mes mots ne sont pas moi, mon âme
n’est peut-être pas, mais ces sentiments
existent, les yeux, les mains en témoignent,
le front et la poitrine aussi en parlent.
Ce silence, n’est-il pas rempli de cette vie
qui s’est fait en moi souffle, poussée
qui m’a donné envie un jour
de quitter mes prisons?
Ce silence qui enveloppe, ces mots
le peuvent-ils vraiment? J’aimerais
qu’ils ne créent pas plus de doutes
et de souffrances.

 

 

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