Sur Kakfa / sur la Séparation entre l’humain et Dieu / sur la solitude (les besoins)

Il y a les gens comme Mo le chat, qui ont besoin de distance. Il y a ceux comme Go, qui ne savent rien faire par eux-mêmes, c’est-à-dire qu’ils survivent, mais c’est tout. Go a très souvent besoin de validation, de limites, de règles. Je n’aime pas du tout donner des règles. J’essaie déjà de me débarrasser des miennes. Je ne suis pas là pour limiter,  sauf ma participation personnelle. Je prends rarement part. Les gens comme Go le chat sont très demandants. Énergivores. Trois personnes importantes ont utilisé ce mot, dans les derniers jours. Énergivores. C’est ça, l’emprise, pour moi. Mon implication, je la gère bien. J’ai mes limites personnelles, assez secrètes, que je révèle dans le cadre d’une relation. Parfois (souvent), très maladroitement, je hurle ce qui ne doit pas être violé. La tentation est forte, entre vivants. Comment déterminer la bonne intention? Est-ce qu’il faut y réfléchir? Je n’y réfléchis pas. Toujours moins. D’une façon, peut-être, paresseuse. J’étudie. Je n’ai pas le temps de ressentir. Je crée.

Les gens comme Go le chat me rappellent que je participe à une société, et que l’isolement total est très rare, limité. C’est difficile pour moi de savoir que je ne suis jamais vraiment seule. Les gens comme Go le chat me font paniquer.

*

Ce besoin, je ne le ressens pas souvent. Ici aussi, c’est de l’emprise, quand il se manifeste. Le besoin de quelque chose de très spécifique, mais très flou aussi, un sentiment, une conscience, un ressenti. L’impossibilité. C’est correct. Mais c’est loin d’être le chemin facile, à la voie pavée. Le moine, l’ermite, le passager. J’aimerais exister dans le moment présent avec mes semblables, mais j’ai ce besoin intense, souvent, de solitude.

*

Les chats, ils comprennent mal mon besoin d’espace. Ils demandent à exister, sur ma table, sur mes mains, mon clavier. Mes mains pour Go le chat sont outils à caresser, à prendre soin.

À quel moment suis-je devenue une marionnette? Je ne sais pas.

Mo le chat est si distant. Il décide des moments d’affection. Ils sont rares, tremblants. Il est royal et se froisse rapidement. Il a peur et se cache, aussi. Je le sens rarement reposé. Ses beaux yeux. Ils deviennent d’un bleu très foncé, parfois. Quand il me donne le droit de les regarder, je me sens privilégiée, bénie des dieux. Je me retourne, et je vois Go la gargouille, son petit visage froissé, ses yeux énormes et jaunes, dorés, ses mimiques étranges, qui quémande mes sourires et mes approbations.

Quel contraste.

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J’ai très mal au cœur. Je devais repeindre sur cette chanson. Les couleurs sont prêtes. Aujourd’hui, le tabou. Tantôt, j’ai bougé les images. Elles sont maintenant un pont entre le monde des vivants et le cimetière. Peut-être que je ferai des meilleurs rêves. Je n’arrive plus à bénir l’énergie autour de moi. Ma foi s’est fracturée, l’année dernière. Comme mon pied droit. Ruiné. Combien de morts… peu de tristesse, peu de joie, des grands moments d’émotivité, la folie très près, la douleur, toujours un peu là. Qu’est-ce qui m’est arrivé? Quel était exactement l’accident?

*

Je ne crois jamais en l’amour. Je ne crois jamais en rien. Je ne suis pas pour autant un sociopathe (un démon?). Ma foi, ce n’est pas ça. Ça ne me concerne pas. J’arrive mal à croire, qu’un jour, moi, je serai heureuse. L’humanité, je vois sa beauté. Les vivants, les non-animés. Les individus aussi, mais rarement j’y connecte durablement. Je n’ai pas un grand sens de moi.

Comment être heureuse? Ne pas me condamner moi-même à un destin tourmenté? Je sais que j’y participe. Comment m’en détacher? Comment savourer sans non plus me détourner de ce que je dois faire, pour être satisfaite de mon existence? Je n’ai pas envie de regretter, sur mon lit de mort, soucieuse d’obtenir une rédemption, toujours plus impatiente de me sentir délivrée, mais en souffrances… J’aimerais ne pas avoir peur de mourir. J’ai peur de mourir. Je voudrais vivre et goûter. Je veux vivre et goûter, ressentir. Délivrée de ce lourd fardeau. Cette honte, cette tourmente que je ne vis plus, l’absence d’émotion qui s’amplifie avec le temps. J’aimerais être libérée de cette forme de détachement. La peur de m’attacher. Je me détache. Je me fracasse.

*

Je ne comprends pas cette fatigue. Sa source est mystérieuse. Peut-être est-ce le relâchement. De nouvelles peurs surgissent. Des obstacles concrets, frustrants. La fatigue de devoir les gérer. Ma sensibilité aux bruits est accrue aujourd’hui. Le moindre son peut possiblement devenir une menace. Quand je panique trop, je ne reconnais plus mon propre souffle. Tout se distancie et se rapproche en même temps. La réalité se met à onduler. Difficile de pas se noyer.

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29.

Je vois mieux.

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J’espère être capable de lire. Je vais essayer.

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Peut-être que la combinaison Kafka et Kierkegaard serait une solution. Il me semble qu’ils accompagneraient cette marche. Le couloir, celui-ci, est brun, assez sombre. Des galeries sous-terraines. Je retrouve en ces auteurs le confort nécessaire. Ces temps-ci, j’ai besoin de structure, d’ancrage.

Particulièrement avec Kafka, dans son monde, les conventions me semblent très claires, logiques. Ses mots créent des réalités quasi tangibles. Il flotte, puis se pose, et repart. Pourquoi ce déchirement? Sa culpabilité… Que renferme-t-elle de beau?

Dans cette émission que j’écoute, il y avait un segment intéressant sur la Lettre. Son âge souligné. J’ai toujours eu peur d’être comme ça. Ce ne sera pas le cas,

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Une sorte de martyre moderne, sans foi ou loi claire. Ou plutôt si prenante qu’elle perd de sa clarté. Le besoin de la rendre claire la floue. Je crois que de trop chercher à définir par les mots est une perte de temps. Se pencher sur sa névrose personnelle trop longtemps, de façon démesurée, globale et constante, c’est selon moi une grave erreur. Se comprendre, se chercher, oui, mais pas nécessairement par un chemin précis, défini par des hommeries, les mots qui seront toujours flous, toujours vagues. C’est comme tout. Pourquoi tout chercher à définir? Pourquoi voir Kafka comme quelqu’un de flou, de mystérieux? Pourquoi est-ce que c’est ce que j’ai fait avec lui, mais pas avec Kafka? Je lui avais dit souvent que je le trouvais insaisissable. Romantisme? Peur d’être moins bien que lui? Sans doute. Pourquoi ne pas avoir eu peur de Kafka? Sa mort le rend-elle plus approchable, plus tangible en mon esprit?

*

Qu’est-ce que le tangible? Chacun pour soi. Le chemin, en soi, le chemin. Mes rêves sont dernièrement en formes de couloirs. Indescriptibles. Je n’arrive plus du tout à les écrire. Trop difficile. Des marches, des quêtes, très vagues. Je me réveille avec un malaise. Quelque chose de dépassé, une limite abolie entre mon subconscient et moi. Quelque chose qui a été redéfini par l’image. Trop choquée, je ne me suis pas rappelée. Les couloirs. Toujours des couloirs. Vers la mort, vers la fin. La fin qui ne vient jamais. Elle me raidit pourtant, me rend sèche et triste. Est-ce la mort? Est-ce la fin? Le chemin en moi est si sombre. Le chemin dehors, justelà, aussi. Quand il y a de la lumière, j’ai mal de me réveiller ici.

Je ne me sens jamais nulle part chez moi. Cette solitude qui est réelle, qui n’est pas une question de présence humaine. Une solitude interne. La tristesse de ne pas ressentir l’appartenance. En théorie oui, dans le rêve, dans l’écriture, dans la passion et l’amour. Dans le monde autour, dans le moment présent, non. Est-ce que ce chemin en moi, celui que je m’acharne à suivre et le bon? C’est si éprouvant. La clé n’est pas obligatoirement dans cette douleur. Comment sortir de ce couloir? C’est beige, c’est froid. L’hiver commence à peine. Il faut tenir bon.

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La loi…

*

Cet homme affirme que Kafka est au-deçà et au-delà de la Séparation.

C’est cette forme que j’ai cherché, avant, à avoir.

Le silence de Dieu, le silence de l’humain. Le dialogue est difficile.
De courts moments l’un avec l’autre. Sommes-nous en communion?

Séparée, comment devenir libre de Dieu sans être frustrée par le manque?

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Je suis mal à l’aise, maintenant que je vois leurs ressemblances.

Pourquoi cette honte de mon inconscience?

*

Je sens les autres. Je ne les lis pas. Je ne les analyse pas. Je regarde et je ressens.
C’est simple. Très simple. Peut-être trop. Ça cause plusieurs malentendus.

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J’aimerais parler à C. de ce pacte. Le seul que j’aie.

*

Je ne suis pas quelqu’un qu’on achète à contrat. Je n’appartiens à personne. Je l’ai compris, je me suis affranchie, dans la paix le plus possible. Personne ne me possède. Je me donne. Je préfère me donner que de me vendre. C’est un choix. Je me donne rarement. Quand j’Aime, j’Aime. Je n’aime pas facilement de façon constante. C’est difficile, l’engagement. J’ai choisi que je n’avais pas envie d’être domptée. J’ai choisi de me libérer de tout ce qui me réduisait à l’état en laisse. Attachée, en sécurité, maintenue ainsi. Non. J’ai le défaut de mordre trop fort quand on m’attache contre mon gré. C’est ainsi que je survis. Je préfère cette agressivité à l’abandon total, passif. Non, je n’accepte pas qu’on choisisse pour moi. Je déteste ça. Je déteste qu’on me garde par choix éloignée de la vérité. Petit peuple, Sauvagesse, Sorcière, MAL! C’est vraiment assez.

*

Tordre la vérité de cette façon, ça donne froid dans le dos. Comment ces gens peuvent-ils dormir en paix? Dorment-ils vraiment en paix? Après tout, l’humain est capable d’ignorer si facilement, quand il le choisit. Libre à toi, humain, de te convaincre de ton droit d’écraser par le mensonge et l’emploi de la force. Les mots ont une portée. Les murs ont des oreilles.

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