António Ramos Rosa : Le cycle du cheval -Extraits


Foi en l'Esprit, Non classé, Show Me Your Glittering Soul / samedi, novembre 25th, 2017

« Le cheval peut-il se désunir? Jamais.
La réponse vient de sa force.
Il court par-dessus les cataclysmes.
Il est le feu, la perfection de la gemme.

Impossible de briser sa ligne d’air
qui a la terre entière sous ses sabots.
Son poids est celui du champ alentour.
Et le tacite appel du péril devant lui.

Il vit, cependant, plus haut que le temps.
Lui-même est un drapeau sans drapeau,
le cheval qui jamais ne l’est pour lui-même. »

*

« Approche-toi du silence, de la pierre du silence,
et la montagne s’ouvrira. Tu es proche de cette maison
où le silence n’est aucun arbre,
un silence mouvant comme une lampe d’eau.

Le silence pénètre jusqu’au cœur d’un
fleuve, des chevelures d’eau, et à nouveau du silence
d’une bouche exaspérée par l’espérance des voyelles,

par la folie des astres, des mots, des mains
et le cheval s’engage sur un pont de fer
annonçant le plein hiver, la couleur solitaire et glacée. »

*

« Entre le désir et les fleurs les longues jeunes filles
mesurent l’opacité d’une pureté impure,
elles jouent le jeu intense de la majesté et de l’usure,
jeunes filles soulevées par des lignes fluctuantes.

Vivre les jeuns filles dans la pudeur du noir,
les vivre noblement, les prendre
aux aisselles le plus rapidement jusqu’au centre,
le feu tourbillonnant dans leur ventre, pour les mériter.

Ô filles vivantes de la couleur du souffle même,
attachez-moi au mur, ou bien je tomberai parmi vous
dans le parfum délié de vos corps limpides. »

*

« Ici, ce serait une robe plus claire
pour un cheval alezan ou gris tendre.
Et linéaire et ténue,
la vocation heureuse d’une petite tache.

Les jambes du cheval abolissent l’inertie
d’un commencement sans fin.
La violence que j’invente est une volonté
d’offrir à la terre son cheval le plus fort.

Et moi avec lui je sombre ou me redresse.
Ici, ce serait… destin et force pure,
le poids sur mon corps de l’animal aimé. »

*

Traduction de Michel Chandeigne

2 réponses à « António Ramos Rosa : Le cycle du cheval -Extraits »

    1. Oui, je comprends. Je me demande si le flou est volontaire, ou si ça a à voir avec la traduction. Peut-être que l’original en portugais nous donnerait une réponse. Personnellement, je n’ai pas accroché à l’absence d’objet, comme si ça mettait l’accent sur, justement, tout ce à quoi le cheval est uni. Comme s’il était lui-même le tout. Se désunir de quoi? De rien, de tout, donc… Mais bon, c’est mon interprétation, hein!

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