La traversée


HolyWhore (2016-2018) / lundi, novembre 20th, 2017

Monte, monte dans le bateau
tu vas voir, la nuit va passer
c’est juste une traversée

la nuit va passer.

Sur le dos d’une montagne
l’a-volupté des escaliers
mesdames, messieurs
je vous prie
faites des cercles
un peu de compassion
lourdes jambes
corps humain
densité et apesanteur

!

Coquelicot
c’est beau
ben ben beau
des marguerites
c’est calme
mâche le foin
grande bête
tout ira bien

bientôt
fini l’esclavage
les araignées et le temps
corps dé-musclés, corps amaigris, mal utilisés

les montres gluantes, les tapis collants
les bas rayés, les joues fardées

t’es qui, faon faon faon
c’est qui

de beaux cercles
des beaux cercles

ta ceinture de chasteté
j’ai laissé la mienne dans le garde-robe
ça veut pas dire que n’importe qui
a le droit de me toucher

as-tu apporté tes bretelles?
pas beaucoup de pantalons
de la pâte à dent

comment tu fais
as-tu une méthode
pour bien faire ça
ça ça, bien laisser ça

amène juste le nécessaire
alourdis pas ta valise

le chemin est long
beauté, la route est belle
la beauté sur la route
comme on est bien
quand on marche sur elle

sans penser à ce qu’on n’a pas apporté
j’aime ça marcher
marcher marcher

chanter une berceuse à la Terre
dors, dors
belle grande bête
c’est juste une traversée
ça va bien aller

puissance
guérison, courage

fière tortue
fantômes et esprits des lieux
mourants et nouveaux-nés
fringants et dépassés

le bal
baptême d’une nouvelle société
tout ce beau monde est réuni
pour assister à la fin des fins

des beaux habits, des maquillages
quelques clowns tristes
y’en aura toujours

faut ce qui faut
c’est ça qui est ça

on est là pour ça
fanfarons et cavaleries
armées et politisés
envahissements
avortements
ennemi, corps étrangers

l’envers
l’autre polarité

as-tu déjà vu ça
des étoiles se rapprocher
je veux dire

la lumière
s’est approchée
ma lumière
s’est rapprochée

une rive
l’autre, l’autre côté

c’est pas une gargouille
ni un feu follet
un chien, peut-être,
on raconte qu’il en existe
à trois têtes, dans un pays sombre

je sais pas
c’est peut-être pas si loin que ça

ou est-ce que tu penses qu’on s’en va?

je pense pas
avoir oublié
quoi que ce soit

dors, dors,
demain, on va peut-être
enfin être arrivés.

 

 

 

Une réponse à « La traversée »

Laisser un commentaire