Chants d’amour de l’Égypte antique – Présenté par Pascal Vernus : Poèmes de la Soeur à son Frère


Adonaï - Elohim, Non classé / dimanche, novembre 12th, 2017

Une magnifique traduction de poèmes anciens
par Pascal Vernus.

*

La Soeur chante à son Frère
d’une voix douce, tout de même agitée,
son coeur bondit face à sa beauté.
Comment le retenir?
Impossible. Ne pas y céder,
c’est ne plus ressentir. Se laisser aller,
c’est vivre et aimer.

*

Le cycle du Papyrus Chester Beatty.

« Mon frère émeut mon coeur par sa voix,
Jusqu’à faire qu’une maladie s’empare de moi.
Il se trouve être un voisin de la demeure de ma mère,
(Mais) je ne saurais aller à lui.
Ma mère est bien bonne de me faire ce genre
de recommandation :
« Renonce à le voir! »
(Mais) voilà, mon coeur s’y refuse, et, est-il question de lui,
Que l’amour s’empare de moi.
Voilà, il est comme fou,
Mais moi, je suis comme lui.

(…) »

« Il est prompt à se dérober, mon coeur,
Quand je pense à l’amour que j’ai pour toi.
Il ne me permet pas de marcher comme tout le monde.
Il a sauté hors de sa place.
Il ne me permet pas de prendre ma tunique.
Je ne revêts plus mon châle,
Je ne mets plus de fard à mes yeux.
Je ne me parfume même plus.
« Ne reste pas sans rien faire, et rends-toi à demeure »,
Me dit-il chaque fois que je pense à lui.
Ne fais pas avec moi – mon coeur – l’insensé !
Tu fais le sot pourquoi?
Reste calme. (Car) quand vient à toi le frère,
De nombreuses personnes (font) de même !
Ne fais pas que les gens disent à mon sujet :
« Une femme égarée d’amour ! « 
Sois ferme chaque fois que je pense à lui.
Mon coeur, ne te dérobe pas ! « 

« (…) (Lui), le jeune homme excellent, sans égal,
Le frère à la personnalité d’exception.
Il a porté le regard vers moi quand je passais.
J’étais seule pour jubiler.
Que mon coeur était réjoui d’allégresse,
Frère, quand je (t’)ai vu !
Ah si ma mère connaissait mon sentiment,
Elle s’y ferait à l’instant !
La Dorée, ah donc, mets cela dans son coeur.
Alors, j’irai vers le frère,
Et je l’embrasserai devant tous ses families.
Je ne me soucierai pas des gens,
Je me réjouirai de ce qu’ils comprennent
Que tu me connais.
Je veux célébrer une fête pour ma déesse.
Mon coeur a sauté jusqu’à se trouver hors position,
Pour faire que j’aperçoive le frère cette nuit.
Que c’est bon, ce qui s’est passé. « 

 

 

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