CAHIERS IN-OCTAVO (1916-1918) – F. KAFKA : Pensées touchantes (consolatrices)


Foi en l'Esprit, Show Me Your Glittering Soul / vendredi, septembre 22nd, 2017
Prague 12.JPG
Une des maisons d’enfance (le réaliser 6 ans après être allée à Prague)

« L’une des séductions les plus effectives du diabolique, c’est l’invitation au combat. »

« Peur de la nuit, peur de la non-nuit. »

« Absurdité (mot trop fort) de la séparation
entre personnel et étranger
dans le combat intellectuel. »

« Toute science est méthode en regard de l’absolu.
Voilà pourquoi il n’est pas nécessaire d’avoir peur
face à ce qui est méthodique sans la moindre équivoque.
C’est une enveloppe mais pas plus que tout sauf le Un. »

« Je dévie. Le bon chemin passe par un fil qui n’est cependant pas tendu en hauteur mais ras du sol.
Il semble plus destiné à faire trébucher qu’à être emprunté. »

« À partir d’un certain point il n’y a plus de retour possible. C’est ce point qu’il faut atteindre.  »

« Le silence et l’amenuisement des voix du monde. »

« Est mal ce qui détourne. »

« Un des moyens utilisés par le mal
est le dialogue. »

« Le célibat et le suicide sont situés
sur le même niveau de connaissance,
mais pas le suicide et le martyr,
peut-être le mariage et le martyr. »

« Le silence fait partie
des attributs de la perfection. »

« Croire veut dire: libérer en soi
ce qui est indestructible, ou plus exactement:
se libérer, ou plus exactement:
être indestructible, ou plus exactement:
être. »

« 7   L’homme ne peut pas vivre
sans une confiance durable
en quelque chose d’indestructible,
même si autant ce qui est indestructible
que la confiance peuvent lui rester
durablement méconnus.
L’une des possibilités d’expression
de ce rester-caché,
c’est la croyance en un dieu personnel. »

« Connais-toi toi-même ne veut pas dire:
Observe-toi. Observe-toi est la parole du serpent.
Elle veut dire: Rends-toi maître de tes actions.
Or maintenant que tu l’es, tu es maître de tes actions.
Cette parole veut donc dire: Méconnais-toi!
Détruis-toi!
Quelque chose de mal donc
et c’est seulement si on se penche très bas
que l’on entend aussi son bon côté qui dit:
« Pour que tu deviennes ce que tu es ».

(Traduction de Pierre Deshusses)

*

Chaque fois que je le lis me vient ce questionnement:
mais qu’y a-t-il donc à comprendre?
Pourquoi n’a-t-on pas compris?
Tout est si clair, dit et répété,
insaisissable et à la fois si banal
si fragile, frêle, tremblant, humain.

Je commence à comprendre
ce qui me fait tant pleurer
de façon irrésistible
chaque fois que je le pense en vivant
plutôt qu’en auteur que nous avons trop tard glorifié.
Le génie est si souvent ignoré.
Sa Beauté. Je comprends mieux.

 

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