La Vive Flamme d’Amour (Saint Jean de la Croix): elle voit que c’est en elle-même que se trouvent le point de départ et le centre de cet amour


Adonaï - Elohim / dimanche, septembre 3rd, 2017

Ce que j’aime tant de ces textes
c’est comme les images se renouvellent
qu’elles créent toujours plus de sentiers
vers le coeur, elles m’aident à suivre
mon propre chemin.

C’est ce que j’ai essayé de dire.
C’est ce que j’ai vécu.

Tout a tellement souvent
été expliqué.

*

 » Cet esprit céleste, armé d’une flèche ou d’un dard tout embrasé du feu de l’amour, transperce l’âme qui est déjà toute en feu comme un charbon rougi, ou plutôt qui n’est plus qu’une flamme; il la brûle d’une manière sublime en même temps il la transperce de son dard, et alors la flamme de l’âme s’agite et monte aussitôt avec force, comme celle d’une fournaise embrasée lorsqu’on y attise le feu. Aussi quand l’âme est blessée par ce dard enflammé, elle sent une plaie de délices inexprimables. Elle est toute entière remplie de suavité quand elle reçoit le coup impétueux du séraphin, elle éprouve une ardeur extrême et une défaillance d’amour, elle sent la blessure délicate qu’elle a reçu et la vertu merveilleuse de cette herbe qui a servi à bien tremper le dard et la pointe aiguë, pénétrant la substance de son esprit, a transpercé jusqu’à son coeur. C’est dans ce point intime où s’est produite la blessure, au milieu du coeur de l’esprit, semble-t-il, que se perçoivent les plus enivrantes délices, et qui pourra en parler comme il convient! L’âme sent là comme un grain tout petit, semblable à un grain de sénevé, mais extrêmement actif et embrasé qui projette autour de lui les flammes les plus vives d’un feu tout embrasé d’amour. Ce feu provient de la substance et de la vertu de ce point brûlant ou se trouvent la substance et la vertu de cette herbe dont nous avons parlé. L’âme sent qu’il se répand d’une manière subtile dans toutes ses veines spirituelles et substantielles, mais selon la puissance et son énergie. Elle en est fortifiée et en éprouve une ardeur extrême. Son amour se purifie alors à un tel point qu’il lui semble découvrir en elle des mers immenses d’un feu d’amour qui atteint toutes les hauteurs et toutes les profondeurs et remplit tout d’amour. Il semble alors à l’âme que l’univers entier est une mer immense d’amour ou elle est submergée, sans qu’elle puisse voir le terme ou la fin de cet amour; mais, comme nous l’avons dit, elle voit que c’est en elle-même que se trouvent le point de départ et le centre de cet amour. « 

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