les fourmis sur l’arbre   conviction et bébés rats surpopulation dans les égouts ton coeur va déborder, garde tes mains sous ton ventre   amène-les sur ton coeur aime-toi


HolyWhore (2016-2018) / mardi, août 22nd, 2017

monsieur! monsieur!
monsieur!  hey monsieur!
monsieur!                             monsieur!  monsieur!
hey! monsieur! monsieur!
monsieur! monsieur! monsieur! monsieur! monsieur! monsieur!
monsieur! monster!  monsieur!
monsieur!  monsieur!  monsieur!

etc.

*

C’est le carnaval des animaux
le cirque des autruches, le manifeste des républicains
c’est la catatatastrophe c’est là
c’est la ruche des scorpions       le combat des clowns vipères

paix paix paix
Jésus Christ et autres pains multipliés
de la Beauté en bouquets
de la Foi en guise de vêtement

le taureau et ses attributs, tout un festin
à ne pas consommer
admire pis agenouille-toi

dévotion et révérences
contradictions et dépendances
libre de mon corps
ma bouche est sur le tien
mais elle n’est pas à toi

drame chez les hommes
iiiiish douleurs ravivées
ouuuuuf admettre que tu me possèdes pas
OUF même ostie d’affaire chez les femmes

j’ai peur de toi
pour vrai, tu me fais peur
pourquoi tu joues à ça? j’ai peur de toi
qu’est-ce que tu comprends pas?
tu te crois petite
ça te donne pas le droit
de me faire ça

je suis pas ta mère
je suis pas ton père
fuck off, j’ai pas à payer pour ça

drame chez les intellectuels de salon
qui connaissent Montréal pour ses universités
et son bon manger et ses quartiers rénovés
pour des petites familles modernes

hey y’a à peine dix ans
j’étais rejetée pour ma francophonie
réalises-tu que ça existe aussi
le Québécois opprimé? Comprends-tu
qu’il a une identité? Que c’est pas tout réglé?

On ferme les églises
et on se fait croire qu’on a oublié
on erre dans nos vies et on se laisse envahir
on sait pas, on sait rien
on a choisi d’oublier

on a fait le choix
on, on, on, tout ça…

vive la palestine c’est ça qu’on dit quand on croit être éduqué
dans mon pays    yoga et krav-maga autodiscipline et des câlisses
de coups de pied dansles côtes
j’aurais aimé avoir le droit de me voiler
femme pieuse, je les ai regardées, j’ai pas eu le droit de les imiter
la honte dans mon pays des jeux d’enfants perdus

maman est partie j’ai appris l’indifférence
m’as-tu reconnue? mes traits sont déplacés
me trouves-tu encore belle?

pétillements, élancements
les visions sont accablantes, en équilibre
sur des fils qui se tendent et se détendent
ne respirent pas entre elles
c’est de la ben belle musique
j’aime ça, des fois, le manque d’harmonie

esprits, sentiments
soyez exempts soyez convaincus soyez épargnés
que suis-je, obscène rebelle fuckeuse?
une fille s’est regardée dans lemiroir et m’a dit
je suis belle, c’est pas moi, elle m’imitait
ce n’est pas une reine, elle a usurpé ma beauté

vautre-toi dans tes mensonges, accepte l’impardonnable
et souris quand tu prends des photos
sexybabyhoneychérieboubou
belles fleurs, des yeux qui se plissent de méfiance
ou d’arrogance  des fois y’a pas de différence

je suis souvent laide
j’aime pas ça j’aime pas ça
monsieur! j’aime vraiment pas ça.

le monstre dehors, c’est quoi? c’est qui?
orgasmes insatisfaisants et pornographies ennuyantes
mon esprit, tsé là, je t’avais parlé de pureté?
c’est tellement plate que je vais même pus là
pourquoi je ferais ça? câlisse de vie de marde
la dépendance à l’abstinence  anorexies et anges nageurs
je me suis déjà sauvée, t’inquiète pas pour moi
noie-moi pas pour ça

j’ai perdu mes chapeaux, mes souliers, mes osties de salopettes
de clown     je me suis arraché les yeux et une partie du nez
j’ai fait un tas avec ça, je l’ai mis de côté
quelque part   un endroit réservé           c’est tu toujours de l’abandon ?

la terre meurt l’amour vivra toujours
baisons, mes amis, baisons
le temps est long     on en mourra pas
tout simplement      avec pureté et délicatesse
s’abandonner c’est tu aussi abandonner?
je sais pas

les fourmis sur l’arbre   conviction et bébés rats
surpopulation dans les égouts
ton coeur va déborder, garde tes mains
sous ton ventre   amène-les sur ton coeur
aime-toi

les mouches ça se cogne combien de fois?
chiots et autres naïvetés, l’inconscience des Miens
le loup? c’est quoi la maturité
c’est quoi c’est quoi vieillir c’est quoi le processus

y’a-tu une clé?
Petit Pied et le violet et son cou
t’as trop mangé, la Terre t’a expulsé
t’es mort pour rien, pour personne

le bout de l’expérience
naissances dans le sang     l’expérience du plaisir enfoui
au creux d’une grotte lointaine    quelque part dans le désert
attention  continueras-tu? il existe un chemin vers l’Oasis
je te dis, monsieur, ça existe

Béatitudes, Alléluia
Hosanna au plus haut des cieux!
Plénitudes, mes chants sont-ils destinés à mourir
Seigneur, je te parle en silence
mon abstraction est-elle destinée à vivre?

Oh douce nuit, entre en moi
envoûte-moi pas, j’ai peur des fois
des fantômes valsant dans mes champs
rendent la terre infertile
incendient mes souvenirs et me raison
le ciel se fend, l’oxygène est rare

les humains ne cessent de se déposséder

soi est aussi l’autre, nous ne sommes pas un autre que soi
moi et toi est aussi la même chose

terminologies et complications
etc. etc. etc.
technologies et antiquités
de l’ancienne intelligence, etc.
peurs et abus, etc.
pensées, mots, langage pré-établi

ils crient dans la rue
vive le communisme, c’est ce qu’on dit
l’anarchie c’est ben cool
t’en parleras à GG et aux autres exclus
à chaque système ses fous et ses reclus
à chaque mode de fonctionnement sa protection

la police au service des trous de cul
la paix se manifeste comment chez toi?
je sais pas, j’en ai aucune idée

je sais pas, je sais
je sais je sais, je sais pas ce que je sais
je suis parfois une ligne        j’aimerais en avoir la légèreté
gros muscles, cuisses bombées et autres disproportions
je sais pas
il fait noir et la fatigue attrape la vie
c’est collant
j’aimerais me reposer avec toi

autour de moi
j’aimerais que ce soit possible
le silence positif

du bien durable
un bonheur collectif

espoir? l’humanité ne serait donc pas damnée? je sais pas
je sais pas.

l’amour existe? l’Amour existe. l’amour existe.
je tremble   ma lèvre craque

mon corps existe
dehors, c’est pas encore fini.

 

 

 

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