Rejoins-moi dans le silence


Adonaï - Elohim / jeudi, juillet 13th, 2017

Pourquoi cette peur? Je n’ai jamais osé t’écrire automatiquement.
Bel Ange, cher Ami, pardonne-moi mes bêtises et mes envies.

Pardonne-moi ce besoin de demander pardon.
J’aimerais, j’ai peur. Je vais essayer.

*

J’ai quitté ma chambre, mon lit, je passe tout mon temps dans la cuisine. Du monde extérieur, je ne vois que les fenêtres, en face, qui brillent fort. Je vois peu le ciel, qui se dégage et s’encombre à tout instant. Tout est en mutation, tout se change et se modifie. J’ai peur de l’accélération, même si d’une autre part, je l’ai toujours attendue. Ce besoin de vivre, de goûter, de toucher. Cette impression d’en avoir toujours été privée. Vomir, retenir. J’ai mal à la tête. M’entends-tu? Mon cou qui se bloque. J’aimerais qu’il pleuve assez pour pouvoir m’endormir avec ce bruit, enveloppée par les dissonantes mélodies, les mouvements et les changements de rythme. Je n’ai plus peur du noir, sauf quelques fois, quand mes pensées s’enroulent et ne se démêlent pas. Les ombres dansent autant, les sensations sont vives, mais je ne cède pas à la folie.

Mon Frère… comme je ne prie plus lorsque j’ai peur de moi. Je ne veux pas chuter, je ne veux pas des murs blancs de l’asile. Certains des fous, là-bas : je suis eux, ils sont moi. J’ai peur, je ne fais pas exprès de me replier dans le doute, j’ai peur de franchir le pas. Je ne veux pas finir comme ça. Le travail accompli est si grand, je ne veux pas finir comme ça. J’ai tellement essayé, j’ai fait de mon mieux. Je ne veux pas finir là-bas. Pardonne-moi la folie de ne plus savoir qui je suis. Non à l’autodestruction, départ des prisons : je ne peux faire autre chose que pleurer quand plus rien ne va. Je ne connais pas l’abattement. J’aimerais pleurer en paix. J’aimerais que tu m’entendes. J’aimerais explorer avec toi tout ce qui ne se voit pas. Créer de nouvelles certitudes. Je t’écris malgré la fatigue. Mon côté gauche se décrispe, les crampes sont nombreuses. Je dois continuer le travail, m’assouplir et sans cesse permettre le renouvellement. Mon corps, l’espace de plusieurs créations. J’aimerais que se manifestent l’abondance, la douceur de l’existence.

Je dois me reposer, maintenant.

Pourquoi lutter?

J’aimerais te retrouver dans le silence, te rejoindre à mi-chemin.
Je l’aime notre silence, celui qui est commun.

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