Ton existence dans le silence


Adonaï - Elohim / lundi, juin 26th, 2017

Mon Frère
par la paix de mon coeur
dans des soubresauts indéfinis
je te sens enfin en moi

qu’est-il arrivé à mes yeux
pour que les pulsations de ton âme
me deviennent étrangères?

non pas comme la honte que l’on fuit
plutôt, bel Ami, je t’aime tant
qu’il m’est pénible de t’imaginer
la souffrance en mon ventre    lorsque je te vois
te dessiner

je ne peux te toucher
pourtant je sens souvent
ta chaleur sur mon cou   sur mon bras
tu m’enveloppes et me rassures

mais de quoi?

je suis encore épuisée
de mes tourments imposés
par l’auto-négation

je me nie, tu disparais aussi
tu repars    la nuit tu la connais
et la retraverses, expert d’aventures
solitaire    je continue de te tendre la main
tu fais de même

le jour   je marche et m’abandonne
quelques fois   aux pensées de l’homme
qui te ressemble     qui est-il ?

je ne peux le découvrir
je n’en ai pas le droit   sa Beauté
m’est interdite    mon Frère    j’aurais tant aimé…

autour grandit l’amour   comme les saisons
prévisibles   aux incertaines variations
en moi aussi  des jardins fleuris
la nuit les fontaines jaillissent
les mystères de la Rose se révèlent

le silence toujours celui-ci
qui me livre des secrets    sur ma peau
ils coulent et je ne les retiens pas

comme toi qui pars et qui viens
au rythme de mes désillusions
je ne sais pas espérer   je ne sais pas ce qui est Bon
t’aimer en fait partie

j’essaie   de te regarder sans la honte
de le faire    mon âme se réchauffe avec la tienne
tu ne me rejettes jamais
je t’accueille en mon lit

tu sais ses silences comme ma compassion
qui se dessine par le mouvement
de mes mains dans l’air
caressant ton corps
qui n’est pas de matière

mon Frère
j’effraie celui qui s’approche
comme celui qui s’éloigne

j’ai eu mal   les excuses ne sont pas permises
l’amour est un professeur sévère

qu’aurais-je ici appris?

j’ai eu mal    je n’ai pas tout ressenti
hier elles sont montées    mes larmes s’étaient cachées
j’aime la liberté de pleurer

sans que l’on prête à ma tristesse
une émotion qu’elle ne peut même imaginer
mes larmes ne sont qu’elles-mêmes

cours d’eaux porteurs de pardon
la terre qui se creuse à leur précieux passage
est solide    si je la respecte
j’offre des offrandes

et je te rencontre
dans le Noir de ma Dévotion
le plus intime de mes secrets

nos rencontres douces
je m’apaise finalement   ta chaleur
tout autour de moi

à l’amour reçu   j’ai tendance à dire :
qu’ai-je fait pour mériter
qu’on m’écoute ?

qu’ai-je offert
pour ainsi recevoir
contre moi   le Divin Don de ta présence ?

mon Frère
mes mots se font tranquilles
je les peins maintenant
ma pensée fourmille encore
tant de mots veulent surgir

ils ne sont pas des couteaux
et pourtant tranchent des liens
mon Frère, je n’ai jamais voulu
de la guerre

j’ai peur de refaire les mêmes gestes
répétitifs   appris par coeur
protection

de perdre à nouveau le contact
entre moi et les autres
toi aussi, avec eux tu te fonds

lorsque je suis confuse
m’oubliant dans la foule
coincée entre des corps et des émotions
enchaînée à des conventions

mon Frère
ne pars plus, je t’en prie
et si je ne t’ai jamais retenu
j’ose aujourd’hui te demander

reste ici
encore un peu.

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