Parallèles insoupçonnés: Beasts Bounding Through Time // There She Goes, my Beautiful World


Foi en l'Esprit, Show Me Your Glittering Soul / lundi, mars 20th, 2017

190317.

Hier, C. insistait:

je dois absolument aller voir
les paroles de cette chanson,
je suis sûre qu’il a écrit ce nom,
Johnny.

C. voit souvent
en allant travailler
des hommes et des femmes
portant des chandails
aux paroles sacrées,

les Évangélistes,
de ceux qui sont restés,
définitivement,

C. m’évoque Jean,
sans raison logique
c’est comme ça, le bleu de ses yeux
est foncé, rarement le vert y pénètre
son nom rappelle le Blanc,
elle est ramenée souvent
à sa propre pureté.

Je n’avais pas envie d’être par les mots
frappée,
j’aurais plutôt pleuré
ramener Nick C.,
c’est toujours risqué.

Ce monde fabriqué
de coïncidences qui n’en sont pas
est superbe, il me fait trembler.

Ce matin-là,
recherchant le confort
des mots d’un aîné,

j’ai retrouvé un vieil ami
Charles Bukowski,

qui m’avait accompagnée
avec Aquin, Kafka, Andersen
(il faut bien varier)
à Berlin,

transformant ce monde intérieur
qui tremblait, se renouvelait,

comme toujours
j’ai lu rapidement, tout ce que j’ai pu,
avant de retourner

à ce que je préfèrais.

Ses romans, nombreux,
mais surtout sa poésie

c’est là que j’ai découvert
une forme de confirmation
à ma pulsion d’écrire

je voyais dans ses lignes
semblant incohérentes

un mystère plat
une énigme sans réponse
je n’avais pas envie de fouiller

seulement de me laisser bercer
par des mots qui ne sont pas tendres

par une plume sincère,
des histoires troublantes.

J’ai beaucoup été touchée
par le destin, qu’il nomme ordinaire,
de cet homme,

un Ancêtre
rebelle, mais assis
il n’a pas voulu changer le monde
mais il l’a quand même fait

à sa façon
il a provoqué, il a été adoré
traîné dans la boue, dénigré,
surestimé, catégorisé,

il choque, c’est vrai
ce n’est pas ce que j’aime de lui

plutôt le fait
que ça ne changeait rien

à sa volonté
d’écrire.

Un jour,
quelque part en 2015,

j’avais lu l’opinion
de Nick C. sur Bukowski
à travers une chanson

ce n’était pas joli
ni délicat

(je pense que Bukowski
se câlisserait d’être vu comme un jerk,

c’est EXACTEMENT ça
son point,

il est trash
et ne s’en cache pas
il ne joue pas les grands
incompris

il n’est pas romantique
il n’est pas gothique)

je ne m’attendais donc pas
à faire

hier
ce parallèle.

Deux des hommes
qui m’ont le plus marquée

l’un comme un Père
(Jésus en colère)
l’autre comme l’Ancêtre
(que j’ai connu alcoolique
ici, il était aussi honnête)

se sont rencontrés

les contrastes sont magnifiques
j’aime les apprécier.

*

C’est drôle, aussi,
cette référence erronnée
à Johnny Thunders.

Encore une suite de coïncidences
puisque si C. avait insisté
il y a un mois,

je n’aurais pas su,

ohno, c’est tout récent
que j’ai accepté de m’approcher
de Richard Hell

et la semaine dernière
alors que j’affrontais à nouveau
la rage de GG

(je vérifiais ainsi
l’état de la mienne
je vois si la pulsion est là)

j’ai mieux compris
en images, pourquoi j’avais
cette crainte de Dee Dee

(qui a dit de Chinese Rocks
« The reason I wrote that song was
out of spite for Richard Hell,
because he told me he was going to write a song better
than Lou Reed’s Heroin,
so I went home and wrote Chinese Rocks »
Nice shit)

quand à l’écran,
il était questionné
sur son passage dans Murder Junkies

et que tout ce qu’il faisait
était de bouger nerveusement
de droite à gauche, ses yeux immenses

et se braquer de tout
de rien, surtout,

ah, nonon, je savais pas
je savais pas qu’ils s’appelaient
les Murder Junkies,

tout de suite
il avait eu peur
d’être associé à GG

il y a de quoi, je sais,

seulement
ces gens qui crient non
avant d’avoir compris

la question,

je ne peux pas
m’en approcher

j’ai trop peur
de leur instabilité

sa paranoïa, vraiment,
en mon coeur, à travers un écran

m’avait écrasée.

*

Beasts Bounding Through Time

« Van Gogh writing his brother for paints

Hemingway testing his shotgun

Celine going broke as a doctor of medicine

the impossibility of being human

Villon expelled from Paris for being a thief

Faulkner drunk in the gutters of his town

the impossibility of being human

Burroughs killing his wife with a gun

Mailer stabbing his

the impossibility of being human

Maupassant going mad in a rowboat

Dostoyevsky lined up against a wall to be shot

Crane off the back of a boat into the propeller

the impossibility

Sylvia with her head in the oven like a baked potato

Harry Crosby leaping into that Black Sun

Lorca murdered in the road by Spanish troops

the impossibility

Artaud sitting on a madhouse bench

Chatterton drinking rat poison

Shakespeare a plagiarist

Beethoven with a horn stuck into his head against deafness

the impossibility the impossibility

Nietzsche gone totally mad

the impossibility of being human

all too human

this breathing

in and out

out and in

these punks

these cowards

these champions

these mad dogs of glory

moving this little bit of light toward us

impossibly. »

*

There She Goes, my Beautiful World

« The wintergreen, the juniper
The cornflower and the chicory
Well, all of the words you said to me
They’re still vibrating in the air
The elm, the ash and the linden tree
The dark and deep enchanted sea
The trembling moon and the stars unfurled
Well, there she goes, my beautiful world

There she goes, my beautiful world
There she goes again

John Wilmot penned his poetry riddled
with the pox

And Nabakov wrote on index cards
at a lectern in his socks

St. John of the Cross,
he did now his best stuff imprisoned in a box

And Johnny Thunders
was half alive when he wrote Chinese Rocks

Well me, I’m lying here, nothing in my ears
Me, I’m lying here with nothing in my ears
Me, I’m lying here for what seems years
I’m just lying on my bed with nothing in my head

Send that stuff on down to me
Send that stuff on down

There she goes, my beautiful world
There she goes again

Well, Karl Marx squeezed his carbuncles
while writing Das Kapital

And Gaugin, he buggered off,
man, and went all tropical

And Philip Larkin,
he stuck it out in a library in Hull

And Dylan Thomas,
he died drunk in St. Vincent’s Hospital

I’ll lie at your feet
I’ll kneel at your door
I’ll rock you to sleep
I’ll roll on the floor

Well, I will ask for nothing
Nothing in this life

Well, I will ask for nothing
Give me everlasting life

I just want to move the world
I just want to move

There she goes, my beautiful world
There she goes again

So if you got a trumpet, get on your feet,
brother, and blow it

And if you’ve got a field that don’t yield,
well get up now and hoe it

And I look at you, you look at me,
and deep in our hearts we will know it

That you weren’t much of a muse,
but then I, I weren’t much of a poet

I’ll be your slave
I’ll peel you grapes
Up on your pedestal
With your ivory and apes
With your book of ideas
With your alchemy
Oh, come on
Send that stuff on down to me

Send that stuff on down to me

Send it all around, send it all around the world
Cause here she comes, my beautiful girl

There she goes, my beautiful world
There she goes, there she goes
There she goes again »

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