Râbi’a – De feu et de larmes


Adonaï - Elohim / vendredi, mars 10th, 2017

Traduction de Salah Stétié;
extraits.

(713/717 – 801)
Quatorze poèmes.

I

Qu’envers les amoureux Tu sois compatissant!
Leurs coeurs vaguant dans le labyrinthe
d’amour

Le Jour de la Résurrection de leur amour est
arrivé
Leurs âmes vont mettre leurs pas dans les pas
de la guidance

Le choix prescrit : Paradis de l’Union
perpétuelle
Ou flammes sans fin de la séparation des
coeurs

*

V

De deux amours, je T’aime : d’un amour de
passion
Et d’un amour de haut mérite dont Tu es digne

Par l’amour de passion j’ai perdu souvenir
De n’importe quel aimé qui n’est pas Toi

Par l’amour de mérite qui seul de Toi est
digne
Que tombent Tes voiles et qu’enfin je Te
voie!

Or, pour ces deux amours, je n’attends nulle
louange
Pour l’un et l’autre, que la louange aille à
Toi!

*

VII

J’ai de fait de Toi le Confident de mon coeur
Mais je suis disponible pour tous ceux qui
souhaitent ma compagnie

Mon apparence est amicale à l’égard de mes
hôtes
Mais dans mon âme c’est mon Amour qui
seul réside

*

IX

Ma coupe, mon vin, et le Compagnon sont
trois
Et moi, que remplit l’Amour, je suis la Râbi’a*

Celui qui verse le vin fait circuler sans cesse
La coupe de la volupté et du luxe

Si de mes yeux je vois, je ne vois que pour
Lui
Si regardée je suis, je suis vue avec Lui

Ô toi qui me blâmes, Sa beauté, oui, je l’aime
Et, par Dieu, mes oreilles n’ont que faire de
ton blâme!

Que de nuits délirantes j’ai passées, feux,
tourments,
Et mes yeux se sont faits sources, par mes
larmes!

Aucune larme n’a pu remonter à sa source:
Mon union avec Lui n’a pas duré

Blessé meurtri mon oeil
Plus jamais ne s’apaise

(*Quatrième)

*

XI

Mon apaisement, ô mes frères, est dans
l’isolement
Car mon Aimé pour moi se fait Toute-Présence
À mon amour pour Lui je ne vois pas de
substitut,
Vécu au sein de la multitude cet amour est ma
dure épreuve

Où que je sois, Sa beauté m’est lieu de
contemplation
Il est ma chaire d’enseignement, la niche de
mon oraison

Si de cet excès je meurs et qu’Il n’en soit
guère content

Mon séjour parmi les vivants ne m’aura été
que malheur

Ô Toi, Médecin du coeur et Cime de mon
désir,
Accorde-moi l’union en Toi, celle en qui
l’âme cicatrise

Ô ma Fête, ô ma Vie, profuse éternité :
En Toi ma source; en Toi, mon ivre
ressource!

J’ai délaissé tout le créé par espérance
de m’unir à Toi, c’est la pointe de mon voeu!

*

XII

(…)

Sur l’enfer et sur le paradis
Moi, je n’ai rien à formuler

Sinon que simplement je dirai non
À tout ce qui prétendrait en moi prendre la
place de mon Aimé.

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