Le nuage en pantalon (le 13e Apôtre)- Maïakovski (comme quoi tout a déjà été inventé)


Foi en l'Esprit, Show Me Your Glittering Soul / mardi, février 7th, 2017

19/07 – 07/07 1893  2402, 1913: futurisme.
Merci cher ami.

Traduction
Wladimir Berelowitch.

Extraits incomplets.

fantomesouriant-1

″Voulez-vous
que je sois un enragé de la viande
ou bien, changeant de ton comme les couleurs
du ciel –
voulez-vous
que je sois impeccablement tendre,
un nuage en pantalon au lieu d’un homme
charnel? ″

fantomesouriant-2fantomesouriant-3

″Eh, vous!
Messieurs!
Amateurs
de sacrilèges,
de crimes
et de massacres
– vous est-il arrivé
de voir l’horreur absolue
– mon visage
lorsque je
suis parfaitement calme?″

″Que je saute! Que je saute! Que je saute!
Que je saute!
Patatras.
De son coeur on ne peut s’échapper.

Sur mon visage qui brûle
par les fissures de ma bouche,
un baiser de braise veut bondir.

Maman!
Je ne puis plus chanter.
Au coeur de ma chapelle
le choeur s’est enflammé.″

*

″Qu’ai-je à faire de Faust,
dans la féerie des feux,
qui glisse avec Méphisto sur le parquet céleste!
Moi qui sais
qu’un clou dans mon soulier crasseux
est plus affreux que Goethe
et toutes ses chimères!

Moi,
Bouche d’or des Bouches d’or,
dont chacune des paroles
fait renaître l’esprit
et baptise la chair,
je vous le dis:
la moindre parcelle du vivant a beaucoup plus
de prix
que tout ce que j’ai fait et que je pourrai faire!

Écoutez! ″

″Les veines et les muscles sont plus sûrs que
les prières.
Est-ce à nous de quêter les aumônes du temps?
Nous,
dont chacun
tient dans une seule de ses mains
les courroies de transmission des univers!″

″Crucifiez,
Crucifiez-le!
Mais moi
– les hommes,
même ceux qui m’ont agressé
– c’est vous qui m’êtes les plus chers, les plus
proches.

Avez-vous déjà vu
un chien
lécher la main qui lui donne des taloches ?!″

fantomesouriant-4

*

″Ah, pourquoi cela,
d’ou vient cela
dans la joyeuse lumière,
de ces pattes crasseuses l’attentat!

Et la venue soudaine d’une idée
qui m’enténèbre le crâne de désespoir:
je pense à l’asile d’aliénés. ″

fantomesouriant-5

″Moi qui chante la machine et l’Angleterre,
je suis peut-être en même temps,
dans l’Évangile le plus ordinaire,
le treizième apôtre, tout simplement.

Et tandis que ma voix
d’heure en heure
toute la sainte journée,
beugle des turpitudes,
dans mon âme, peut-être, Jésus-Christ
hume-t-il le parfum des myotis. ″

*

″Marie !
Comment, sans crier,
enfoncer un seul mot dans ces oreilles adipeuses?
L’oiseau
se nourrit de chansons,
il chante,
affamé et tonique,
mais moi, Marie, je suis un homme,
un homme simple,
craché dans la main sale de la Presnia par une
nuit turberculeuse.

Marie, veux-tu d’un homme comme celui-là?″

fantomesouriant-6

″N’aie pas peur davantage
si sous la pluie qui me trahit
je me serre à mille visages avenants,

– ″les amoureuses de Maïakovski! ″
– car ce n’est rien, rien d’autre qu’une dynastie
de reines qui sont montées sur le coeur
d’un dément. ″

fantomesouriant-7

″Marie!
Le poète chante des sonnets à Tiane,
mais moi
– je suis tout de vivande,
je suis homme tout entier
je demande simplement ton corps,
comme le demandent les chrétiens:

″Donne-nous aujourd’hui
notre pain quotidien. ″

Marie, donne!

Marie!
J’ai peur que ma mémoire perde ton nom,
comme le poète craint de s’aliéner le mot
que sa souffrance nocturne a fait venir au monde
et qui par sa grandeur aurait égalé Dieu. ″

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